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Developpement Empirium
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Viktor commère galactique

Inscrit le: 16 Avr 2004 Messages: 704
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Posté le: Mer 28 Juin 2006, 13:43 Sujet du message: |
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Place du Martyre, Elanka.
Non, laisse ça, on va pas s'emmerder à le trimballer toute la nuit. Au pire, tu reviendras l'prendre après !
Booba tira la gueule, il lui plaisait bien cet holoporteur Takwa 6, la nouvelle génération, au moins 100 fois plus performant que son vieux modèle Hitachi...
Allez grand, avec c'qu'on va choper, tu pourras même v'nir te l'acheter si ça te branche. Alors déconne pas et accélère... on sait pas combien de temps ça va durer.
Résigné, Booba suivit Scarface et enjamba l'ouverture donnant sur la place, le sac rempli de puces électroniques, cartes ID, cartes mémoires, holocoms, téléports, lasers et autres bijoux de technologie que le propriétaire avait eu la bêtise de laisser sans protection dans sa fuite. Booba souriait de bon cœur, heureux d'avoir été en compagnie de son "leader" quand l'alerte avait sonné. Sans lui, il se serait sans doute jeté dans le premier convoi qu'il aurait croisé. Et vu qu'ils zonaient près du point de ralliement il en aurait sûrement chopé l'un des premiers... et il serait loin maintenant, loin de cette manne qui lui tendait les bras !
Mais Scarface n'était pas le premier imbécile venu. Il connaissait les combines. Et ils allaient s'en foutre plein les poches !
Dès l'agitation retombée et les soldats loin de la place, ils avaient fait le tour des magasins laissés à l'abandon, pillant ce qu'ils pourraient revendre ou utiliser. Certains gérants avaient eu la présence d'esprit d'enclencher les systèmes de sécurité avant de fuir, mais nombreux étaient ceux à être partis dans la panique, laissant grandes ouvertes les portes de leurs commerces. C'en était même trop facile... une fois qu'on s'était habitué aux hurlements des sirènes.
Ils sortaient de leur troisième "casse" lorsqu'ils aperçurent le vieux. Il était agenouillé au milieu de la place, devant la Statue.
Booba lui jeta à peine un regard, pressé qu'il était de prendre le maximum possible avant le retour des soldats. Il venait de repérer une enseigne qui l'attira immédiatement. Bunnies.
Il s'avançait déjà vers la vitrine, la batte sortie de son étui et prête à se fracasser contre la paroi vitrée... quand elle lui fut retirée des mains d'un geste brusque.
Attends man. On va s'amuser un peu avant...
Et Scarface, batte en main, se dirigea vers le centre de la place. Booba, un temps surpris, courut pour revenir à sa hauteur.
Et Conrad qu'est-ce que tu fous ? J'croyais qu'on avait pas d'temps à perdre ?
- Fais pas chier Booba. J't'ai dit qu'on allait s'amuser. T'as pas envie de rigoler un peu ? T'as les chtouilles du grand'pa p'têt ?
Piqué au vif, Booba ne put que grommeler un non presque inaudible et suivre sans l'ouvrir son "leader".
Ils stoppèrent à quelques mètres de lui.
Tu vois l'vioc là ? Bah c'est c't'enfant d'putain qu'a abrité les rebelles de la zone nord. Ceux qu'ont fait péter l'centre Mexcho.
Conrad Becker, qui se faisait appeler Scarface pour la seule raison qu'il appréciait ce surnom, gueula par-dessus les sirènes, mais le vieil homme ne semblait pas vouloir entendre...
Booba, incrédule, fixait un regard hagard sur la scène, rêvant des caisses du Bunnies, se demandant ce que Conrad pouvait bien raconter. Il se sentit frissonner quand il vit la batte se dresser au-dessus du crâne du vieux sourd.
Hein l'vioc que t'es un pourri de terroriste ?
Conrad n'était plus qu'à quelques centimètres du vieillard, qui lui tournait toujours le dos, muet, immobile, les yeux clos. Booba ressentait quelque chose de mystique dans la posture du vieux. Comme s'il s'agissait d'un de ces illuminés religieux. Il sentait que ça n'allait pas, mais les yeux fous de Scarface l'empêchaient de réagir.
Conrad posa sa botte sur l'épaule droite du vieil homme et donna un grand coup de pied.
Bordel ! T'entends c'que j'te dis connard ?
Joaquim reprit conscience avec la réalité lorsqu'il se sentit projeté et que son visage s'écrasa contre le socle du Monument au Martyre. Il entendit un grand éclat de rire derrière lui. Il essaya de reprendre le cours de ses pensées. Quelques instants auparavant, il était plongé dans ses pensées et...
Ben quoi mon gars ? T'aimes tellement c'te statue qu'tu voulais la voir de plus près ?
Il se retourna, porta la main à ses lèvres, douloureuses, sentit le sang chaud couler sur ses doigts. Il regarda avec une profonde indifférence l'archétype du voyou débile brandir sa batte d'un air menaçant... avant que ses traits ne trahirent la sensation de panique qui l'engloba...
Scarface jubila lorsqu'il aperçut l'habituelle lueur dans les yeux du vioc allongé à ses pieds. Il ne le connaissait pas, tout cela n'avait été qu'un petit cinéma destiné à le distraire. Il prenait un plaisir intense à dominer des proies sans défense. A leur faire sentir que leur vie était entre ses mains. Et la terreur qu'il lisait sur le visage du vioc justifiait à elle seule ce qui allait venir...
Joaquim, pétrifié, resta fixé sur la traînée verdâtre qui déchirait le ciel à une vitesse prodigieuse. Le projectile semblait immense... et il comprit alors que tout était fini... Quel idiot avait-il été de croire qu'il ne tenait plus à la vie.
Scarface éclata de rire en voyant la tâche humide qui se formait entre les jambes de sa victime. Il leva sa batte haut dans le ciel, prêt à satisfaire son envie de faire mal...
Booba ne pouvait bouger. Pourquoi ? Il ne le savait pas. Il voulait l'arrêter. Il voulait s'interposer... Il avait deviné que le vieil homme était un shaman... L'attaquer ferait de lui un maudit... Mais il restait sans rien faire...
Joaquim se mit à pleurer. Sa prière avait été exaucée...
La batte fendit l'air...
Comme la bombe s'écrasait dans un tonnerre en plein cœur d'Elanka, soufflant dans l'explosion des quartiers entiers de la capitale. Les tonnes de gaz ainsi libéré se propulsèrent dans l'atmosphère, créant un gigantesque nuage bactériologique. Booba, Scarface et Joaquim eurent toutefois la chance d'échapper aux horreurs de la mort par empoisonnement bactérien...
Ils furent instantanément carbonisés par la chaleur intense dégagée lors de l'impact... _________________ Site perso |
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Viktor commère galactique

Inscrit le: 16 Avr 2004 Messages: 704
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Posté le: Ven 30 Juin 2006, 09:46 Sujet du message: |
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Résidence communautaire 77, avenue II du Nouvel Ordre, Elanka.
Aloën releva la tête brusquement, sentant une douleur sourde s'installer dans son crâne. Le choc avait été violent, mais il avait tenu bon. Il s'appuya sur le torse de Mokhat pour se redresser. Mokhat ne bougeait plus. Allongé dans une mare de sang, il respirait encore... de plus en plus difficilement. Son visage, ou ce qu'il en restait, était marqué des coups portés, le nez formait un angle bizarre et le flot rougeâtre qui s'en écoulait glissait le long des joues, recouvrait les lèvres explosées avant de s'engouffrer dans une bouche à laquelle plusieurs dents manquaient.
Aloën fut soudain pris d'une crise de tremblements. Ce n'était pas possible. Ce n'était pas lui. Comment avait-il pu faire ça ? Comment avait-il pu s'acharner ainsi ? Il avait l'impression d'avoir perdu le contrôle de lui-même. Il se revoyait, alors qu'il frappait encore et encore. Ils s'étaient empoignés, la lutte avait été féroce, et ils avaient fini par s'écrouler sur le sol. Aloën avait pris le dessus mais Mokhat lui agrippa la gorge. Il sentit tout basculer. Alors il frappa plus fort. Ses poings montaient et descendaient, heurtant dans un bruit flasque le visage de son ami, provoquant des éclats de sang qui giclèrent sur le mur, se répandirent sur le sol, maculèrent sa veste... Elle devint rouge du sang de Mokhat... du sang de son ami...
Il sentit une forte nausée s'emparer de lui et il fut contraint de se détourner pour ne pas vomir sur ce corps agonisant... Il se sentit mieux...
Mais vomir ne fit pas disparaître l'immense sentiment de dégoût de soi qui lui tenait les tripes. Brusquement, il faisait face à son identité de fauve. Il venait de découvrir ce qu'il était capable de faire... pour 15 000 billets.
Et Mokhat qui gémissait encore, laissant échapper un caillou de sang dans une toux rauque et graveleuse...
Mais qu'est-ce qui t'a pris merde ? Qu'est-ce qui t'a pris de vouloir me voler ?
Finit-il par hurler dans un sanglot en se penchant sur le visage en bouillie. Sa rage reprenait le dessus et il se sentit une haine immense envers ce traître qui l'avait poussé à de telles extrémités, qui l'avait transformé en monstre. Tout était de sa faute ! Ce pourri méritait ce qui lui arrivait. Il méritait pire !
Le premier coup de pied atteignit la tempe dans un bruit sourd, le second, sur les mâchoires, fit entendre un craquement, le déluge qui suivit frappa chaque parcelle du cadavre de Mokhat. Jusqu'à ce qu'enfin, Aloën n'ait plus la force de poursuivre...
Il se pencha alors sur un visage méconnaissable, il ne pouvait plus y voir son ancien ami, il ne voulait y voir que ce voleur qui déclencha sa colère. Il lui cracha au visage, un sourire méprisant au coin des lèvres. Que les charognes dévorent ton cadavre d'impie. La litanie sacrée aux hérétiques...
Il ramassa les liasses sur la table, se pencha pour atteindre les billets disséminés sur le sol et descendit à la course les quelques marches donnant sur l'avenue II.
Mochabé et Gehorg étaient déjà loin...
Les traîtres...
Ils étaient partis sans lui. Ils l'avaient laissé aux prises avec un voyou...
Les lâches...
Ils avaient sauvé leur peau pour le laisser derrière...
Ils paieraient...
Dehors, seul le hurlement strident des sirènes rompait l'inhabituelle tranquillité des lieux. Rien ne semblait vivant autour de lui. Des maisons vides aux portes grandes ouvertes... Des rues désertes jonchées d'affaires diverses perdues dans la cohue... Des magasins éventrés, vitrines fracassées et rayons dévastés... Une ambiance d'apocalypse qui réveilla les tremblements de tous ses membres et raviva les larmes dans ses yeux... Une ville fantôme...
Il sombra dans un délire mystique. Il avait commis un crime contre la Loi de Shakkra. Il était passé dans le monde des morts... Il avait franchi le pas de la raison.
Ô mon Dieu, qu'ai je fait ?
Il tomba à genoux, laissant s'échapper les billets dans le vent, cédant brusquement au poids de son acte.
Il ne vit pas la bombe s'abattre sur la ville.
Il ne l'entendit même pas lorsqu'elle s'écrasa quelques mètres plus haut.
Il n'en eut pas le temps.
Presque instantanément, son corps fut projeté contre le mur de la résidence, à une vitesse telle que ses os se brisèrent sur le coup. Son corps sans vie glissa dans le caniveau où il se laissa dévorer par les flammes... _________________ Site perso |
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Viktor commère galactique

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Posté le: Mar 04 Juil 2006, 11:36 Sujet du message: |
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Tour Kokowa Extraction, 16ème étage, Elanka.
Le Thunder PK venait à peine de poser ses roues sur le toit de la Tour Kokowa que Trevor Dent en bondissait pour se précipiter vers le spatioport. Il avait fait aussi vite qu'il avait pu, faisant rappeler Kaline à la piste du puits numéro 3 alors qu'elle était en mission d'analyse sécurité au puits 19. Tout ça pour lui "piquer" sa "moto volante"... Qu'il la détestait quand elle employait ces expressions idiotes dont elle raffolait. La mauvaise surprise de la convocation urgente, l'absence de véhicule disponible, l'attente sur le tarmac pour entendre ça... voilà qui ne fit qu'exciter encore un peu plus l'influx nerveux qui bouillonnait dans tous ses membres.
Mais il avait récupéré le Thunder PK, et il avait tracé à travers les airs pour rejoindre à temps le spatioport. Et maintenant, il courait encore pour rejoindre un éventuel vaisseau planqué dans le hangar... Il avait parfaitement deviné mais refusait de s'avouer vaincu. Il savait pourtant qu'il arrivait trop tard. Le transporteur de la Kokowa Extraction était parti, avec à son bord le président et tous ses plus proches collaborateurs... sauf lui...
Vide...
Pas même le moindre personnel d'entretien.
Le niveau 16 était entièrement vide...
Trevor retira son casque rageusement. Son mouvement fut si brusque qu'il manqua de s'arracher l'oreille. FAIS CHIER !!!!! hurla-t-il en balançant le casque aussi fort qu'il le put sur le mur du hangar.
Reprend ton calme Trevor bordel... REPREND TON CALME !
Il fourra une main tremblante dans la poche de sa combinaison de vol, trouva ce qu'il y cherchait et farfouilla encore un moment avant de la ressortir, poing serré. Il goba les pilules, sans vérifier leur nombre et s'affala contre le mur...
Il n'avait plus qu'à faire demi-tour... Putain de temps perdu...
Etrangement, il lui sembla entendre des sirènes...
Non, j'ai trop forcé sur les cachetons...
Une voix lointaine... Ceci... rcice.. protoc... cuation
Trevor se redressa, l'oreille aux aguets. Il se passait quelque chose. Il sortit précipitamment du hangar et courut vers les rambardes de protection, s'y pencha un instant pour apercevoir le manège des soldats cinquante mètres plus bas. De si haut et avec le vent qui hurlait sa colère, il ne parvint pas à comprendre l'urgence de la situation. C'est donc dans le plus grand calme qu'il emprunta l'escalier de service. Après tout, puisqu'il était là, cela ne lui coûtait rien de faire un détour par son bureau.
Surprise... L'étage semblait entièrement vide lui aussi. Personne dans les bureaux. Aucun bruit. Aucune activité. Quelque chose clochait. Quelque chose déconnait fortement même ! Trevor s'apprêtait à monter récupérer sa Thunder pour filer aussi loin que possible quand il entendit des pleurs émaner du secrétariat.
Lorsqu'il ouvrit la porte, il découvrit Marielle, la secrétaire de Jonas Kokowa, recroquevillée sous une fenêtre. Fenêtre de laquelle émanait la voix mécanique au milieu des sirènes... étonnamment perceptible dans cette configuration acoustique.
Cette fois, Trevor prit de plein fouet la nature de la situation. Etrangement, ce qui bouillait en lui sembla disparaître subitement. Les cachetons sans doute, pensa-t-il alors qu'il soulevait une Marielle devenue poupée de larmes. La petiote semblait perdue, mais il s'occuperait de cela plus tard. Pour l'instant, il fallait se bouger de là.
Il la transporta dans les escaliers et l'installa sur le siège arrière du PK. Elle obéissait vaguement à ses consignes, les yeux hagards, les gestes au ralenti, perdue dans une crise qu'elle ne pouvait contrôler. Il craignit un instant de perdre la maîtrise du véhicule si jamais un coup de folie la prenait... ou si elle lâchait subitement la prise et perdait l'équilibre... Il la força à passer ses mains autour de sa taille et à s'accrocher à lui, aussi fort qu'elle le pouvait. Il enclencha ensuite le harnais de sécurité. Ca devrait aller...
La "moto volante" s'arracha du toit de la Tour et fila droit vers le point de ralliement, bouclant les quelques kilomètres qui l'en séparaient en un rien de temps, dépassant ainsi des milliers de fuyards qui jouaient des coudes pour se glisser dans les filles d'attente menant aux sas d'évacuation, dernières étapes avant l'accès aux rampes de lancement des convois.
Trevor survola ces masses de civils agglutinés les uns sur les autres, dans une panique incontrôlable. Il survola les solides murs d'acier érigés à la va-vite devant les sas pour éviter un afflux trop important. Il survola la ligne de soldats qui tenaient en joue les postulants à l'envol, cherchant ainsi à amener une dose de calme et d'organisation à l'évacuation...
Il atterrit en urgence derrière eux, brisant la suspension avant du véhicule et manquant de projeter Marielle au sol. Sous les huées, les injures et les projectiles de ceux encore bloqués derrière les grilles d'acier et sous l'indifférence des soldats, il s'engouffra dans un des sas juste avant que les lourdes portes blindées ne se referment. Les personnes déjà présentes lui jetèrent à peine un regard lorsqu'il déposa doucement Marielle sur un des fauteuils. Il laissa échapper un profond soupir de soulagement. Le prochain départ serait le leur... _________________ Site perso |
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Viktor commère galactique

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Posté le: Ven 07 Juil 2006, 16:23 Sujet du message: |
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Point de ralliement PR17, Elanka
Gehorg se tenait face au hublot. Il avait vu le transport décoller. Plus que quelques minutes et ce serait leur tour. Il se retourna en entendant les lourdes portes du sas se refermer derrière lui sur un dernier couple de fuyards. La femme avait l'air drôlement secoué, se dit-il avant de replonger son attention sur ce qui se déroulait derrière la vitre.
Un homme s'avança, visiblement désireux de jeter un oeil à ce qui se tramait de l'autre côté du sas. Gehorg le repoussa sans ménagement. Il ne laisserait sa place à personne.
Quand les sirènes avaient retenti, Gehorg s'était joint à Aloën et à Mokhat pour railler Mochabé. Quel trouillard, avait-il pensé. Toujours à prendre son balluchon et à filer au moindre coup de sifflet. Oh comme il avait regretté de ne pas l'avoir suivi quand les soldats envahirent les rues.
Mais il s'était battu ! Il avait couru à perdre haleine, abandonnant tout derrière lui, poussant ceux qui se mettaient en travers de son chemin. Vieillards, femmes, enfants, tout ça ne comptait plus. Il n'eut aucun remords lorsqu'il écrasa le visage d'une grosse mégère contre un panneau de signalisation parce qu'elle le ralentissait. Il n'eut aucun remords lorsqu'il sentit son pied fouler le torse d'un malheureux couché sur le sol, piétiné par une foule paniquée. Il n'eut aucun remords quand son coude fracassa le nez d'une jeune fille qui osa lui ordonner de suivre la file. Il n'eut aucun remords car il savait qu'il défendait sa vie.
Plus tard peut-être il se maudirait.
Mais peut-être parviendrait-il à oublier.
Qu'importe ! Il s'était battu et il avait gagné. Il se tenait dans le sas menant aux rampes de départ. Au premier rang. Le convoi suivant s'avançait déjà et il sentit le soldat se préparer à enclencher le mécanisme d'ouverture.
Derrière le hublot, trois soldats lourdement armés entouraient quelques civils en uniforme bleu. Ces derniers préparaient la piste pour le prochain décollage. Gehorg sentait l'impatience gagner chacun de ses nerfs.
Sa tête heurta la vitre de plexiglas quand survint l'explosion.
Dans le sas, la secousse propulsa les réfugiés les uns sur les autres. Même le soldat faillit perdre l'équilibre. Les premiers hurlements accompagnèrent la vague des paniqués qui se jetèrent sur la porte de sortie. Le claquement d'un laser les arrêta net. Un profond silence suivit le vacarme des cris.
On ne panique pas... Les bombardements ennemis ont commencé mais aucune installation du PR n'a pu être touchée. Nous poursuivons l'évacuation... dans le calme. Dans quelques minutes, vous serez hors de danger. Alors ON... RESTE... CALME !
Le soldat braquait toujours son arme sur les premiers rangs, qui reculèrent de quelques pas, les traits toujours marqués par la peur.
Il actionna le récepteur de son casque.
Equipe B, le convoi est-il prêt ?
Silence...
Equipe B, le convoi est-il prêt ?
Nouveau silence...
Le visage du soldat perdit quelque peu de son assurance.
Problème de transmission. Les bombes ont du toucher un pôle de communication en surface... Rien de bien grave. Nous pourrons sortir quand même... D'ailleurs, le convoi devrait déjà être là, nous allons amorcer la manœuvre... mais on ne panique pas !
Alors que sa main s'avançait pour activer l'ouverture des portes, un "NON" puissant résonna sur sa gauche. Gehorg, pâle comme jamais, observait avec effroi les hommes derrière le hublot tomber les uns après les autres. Ils s'écroulaient sur le sol dans d'horribles convulsions, l'écume aux lèvres, avant de se mettre à cracher des gerbes de sang... Quelques secondes seulement s'écoulaient avant qu'ils ne deviennent inertes... En moins d'une minute, ils étaient tous morts... Sept cadavres nappés dans un étrange brouillard verdâtre... _________________ Site perso |
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Viktor commère galactique

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Posté le: Ven 21 Juil 2006, 15:52 Sujet du message: |
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Puits numéro 3, secteur 31
Kaline était restée au pied de la piste d'envol pour observer son Thunder PK s'élancer dans les airs... Dire qu'elle avait cru à une soirée paisible, affalée dans son sofa à profiter des nouvelles niaiseries de la KKW. Mais non. Un 'appel en urgence de ce choupinet de Trevor. Elle n'avait pas pu lui dire non, et ce d'autant plus qu'il était son patron. Il avait besoin de la "moto volante" immédiatement. Et voilà qu'elle avait du interrompre son test grandeur nature sur les effets d'une infiltration d'eau au niveau bas du puits 19 pour se retrouver là, au milieu du désert, à attendre que choupinet revienne.
Et il ne lui avait même pas accordé un sourire ! Au contraire, il s'était montré d'une humeur massacrante. Quel affreux goujat !
Elle quitta à regret la piste d'envol, mais il fallait impérativement mettre un terme au fol espoir de le voir faire demi-tour. Lorsqu'il serait de retour, elle le saurait bien assez tôt... Mais elle craignait de devoir passer la nuit sur place. Métier de malheur. Alors autant se rendre à la salle de contrôle. Peut-être pourrait-elle se rendre utile ?
Elle fit un détour vers les vestiaires, avant de se rendre compte que tout son matériel était resté sur place, au puits 19. Combinaison de descente, casque de sécurité, appareils de mesure, veste de protection, vêtements de rechange, tout cela l'attendait bien sagement, à quelques dizaines de kilomètres de là. En attendant, elle devait donc se contenter de cette panoplie du parfait motard : pantalon de cuir moulant, veste rembourrée, léger casque. Elle se débarrassa de ce dernier, laissant respirer sa longue chevelure brune, et descendit légèrement la fermeture de sa veste pour attirer un peu d'air frais. L'atmosphère semblait bien lourde ce soir...
Elle s'identifia au poste de contrôle. La surveillance était légère... ce qui était normal pour un puits effondré. Le périmètre de sécurité semblait avoir été installé à la va-vite et l'accès unique gardé par un seul vigile. Mais cet idiot au grand nez et au ventre bedonnant crut bon de procéder à toutes les vérifications imposées pour un code 3, poussant même jusqu'à vouloir lui imposer la séance de fouille au corps. Kaline sentait le regard lubrique du vigile sur sa poitrine et elle referma immédiatement sa veste, avant de sortir son holocom de sa poche et de se mettre en liaison directe avec choupinet. Ca lui fera les pieds, se dit-elle. Mais lorsqu'il comprit ce qu'elle avait l'intention de faire, le pervers se reprit, s'excusant même de s'être montrée si tatillon. Le protocole, vous savez ce que c'est...
- Bien sûr mon chou.
glissa-t-elle avant de le laisser en plan, s'éloignant avec un déhanchement calculé à travers l'espace vide qui délimitait la "zone à risques". Foutaises !
Elle fut surprise par le faible nombre de personnel pour une telle mission. Seuls trois techniciens s'affairaient en surface. Et choupinet avait parlé de deux autres dans le trou. Six hommes en comptant Fleur bleue, l'adjoint de Trevor qui supervisait l'opération en son absence et qu'elle avait surnommé ainsi à cause de son beau regard bleu... et pour son côté chochotte était-elle malheureuse d'ajouter. Une équipe de six, cinq fois moins que sa propre équipe ! Cela semblait ridicule ! En même temps, elle n'avait encore jamais assisté à une "opération de sauvetage".
Elle pénétra dans le poste de contrôle, sorte de mobile-home planté à quelques mètres du trou. Kyle se retourna aussitôt, et son visage s'éclaira d'un sourire lorsqu'il reconnut l'arrivante.
Hé Kaline ! Que me vaut le plaisir ?
- Je me sentais un peu seule chez moi ce soir. Alors j'ai décidé de venir me perdre au milieu du désert pour te voir mon beau !
Fleur bleue éclata de rire. Il lâcha quelques instants la surveillance des écrans. Odroba et Wilem s'en sortaient parfaitement bien sans lui, comme d'habitude. Et la nuit s'annonçait longue, une petite pause ne pourrait pas lui faire de mal.
Ca me fait de la peine de t'avouer cela... mais ça me fait plaisir que tu sois là. Je crois que j'aurais eu du mal à tenir toute la nuit devant ces écrans...
- On va remédier à ça bébé ! J'vais te tenir éveillé tu verras !
Fleur bleue se remit à rire au petit clin d'œil qu'elle lui adressa. La conversation dériva un instant sur leur vie privée, bien maigre, avant de se développer réellement sur le seul sujet qui les intéressait tous deux : leur boulot !
Kaline s'était installée à ses côtés, et elle posait de nombreuses questions sur la manière dont se déroulait l'opération, heureuse de découvrir une nouvelle facette du métier. Kyle était ravi de jouer au professeur pour sa charmante collègue. Parfois, il laissait son esprit errer sur le corps de la jeune femme...
Ils sursautèrent tous deux quand un éclair illumina subitement la pièce. Le silence se fit instantanément. Kyle se jeta sur ses écouteurs, jetant un coup d'oeil aux liaisons vidéo avec le sous-sol. Apparemment, aucun problème dans la galerie. Mais il chercha tout de même à établir la communication avec les mineurs. Mesure de précaution.
J'vais voir dehors ce qu'il se trame.
Il hocha la tête, sans trop se préoccuper de ce qu'elle avait bien pu dire. Il ne remarqua même pas qu'elle ouvrait la porte et quittait le mobile-home.
Kaline resta bouche bée devant le spectacle de la nuit. Des milliers d'étoiles semblaient briller dans le ciel sous une masse noire, compacte, un ciel qui semblait solide et mouvant... Et au fond de l'horizon, Elanka, une lueur étrange, comme si l'un des astres de la nuit avait pris la couleur verte avant de descendre se poser en plein cœur de la ville.
Elle s'avança encore, attirée par la féerie de cette vision.
Elle descendit à nouveau la fermeture de sa veste, cherchant à calmer la chaleur qui s'emparait d'elle. L'atmosphère semblait plus lourde encore. L'air glissait autour d'elle comme un brouillard... verdâtre lui aussi.
Elle sentit sa gorge la brûler. Une douleur instantanée, atroce, qui se propageait le long de sa trachée. Elle toussa et aperçut avec effroi que la main qu'elle avait portée à sa bouche était couverte de sang. Elle crachait du sang ! Sa vision s'obscurcit subitement, comme les bactéries s'attaquaient à la cornée. Des larmes acides semblaient glisser sur ses joues. Elle tenta d'appeler au secours, mais les mots se transformèrent en gargouillis inaudible, baignant dans le sang qui inondait sa bouche.
Elle s'écroula sur le sol lorsque les crampes s'emparèrent de tous ses muscles. La bave se mêlait au sang comme tous ses nerfs s'excitaient pour la transformer en marionnette de foire, dont chaque fil serait agité par un fou furieux frénétique. Des cloques se formèrent sur son visage, ses bras, ses seins, ses jambes, partout sur son corps... Elles grossissaient en boules suppurantes, autant de nouveaux foyers de douleur, qui se développaient en masses informes avant d'éclater pour libérer lymphe et sang mêlés, et laisser derrière elles des plaies béantes qui ne se refermeraient jamais.
Ses intestins se vidèrent sous elle, emmenant avec eux une partie de ses organes en état de décomposition avancée. Foie, pancréas furent les premiers à se dissoudre entièrement sous l'assaut.
La marionnette cessa progressivement de s'agiter.
Du corps de la jolie Kaline, il ne restait plus qu'une bouillie sanglante gisant au milieu du désert... _________________ Site perso |
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Viktor commère galactique

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Posté le: Sam 05 Aoû 2006, 23:52 Sujet du message: |
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Puits numéro 3, secteur 31
L'exploration de la première galerie avait à peine commencée. Odroba et Wilem n'avaient eu que le temps d'installer convenablement les appareils et de faire les prélèvements habituels à l'entrée de la galerie. Odroba s'était ensuite engagé dans le boyau pendant que Wilem inspectait les corps et les éboulis, à la recherche de matériel de valeur encore en état de fonctionner, comme des scanners portatifs, des foreuses lasers, des détecteurs de gaz etc... etc... Ils prenaient leur temps, sachant que les images des caméras fixées sur leur casque étaient enregistrées et qu'elles seraient sans doute visionnées dès leur remontée par Trevor. Manquer quelque chose équivaudrait à recevoir une belle engueulade et aucun des deux n'en avait l'envie.
Ils se figèrent lorsque le signal d'alarme retentit dans leur casque. Wilem, qui était le plus proche du G-Com, fit demi-tour pour réceptionner la communication. Odroba se raidit subitement, il portait toute son attention sur les mouvements de son collègue, cherchant ainsi à calmer l'inquiétude qui s'emparait de lui. Le G-Com était un appareil de communication permettant de franchir l'épaisse couche de pierre, minerai, terre et autres matériaux des couches de surface pour établir des liaisons audio entre le poste de commande et les profondeurs de la mine. Cependant, il était peu utilisé dans le cas des missions de sauvetage, la crainte de voir les ondes qu'il propageait déstabiliser une roche déjà fragile et provoquer un nouvel éboulement en était la principale raison. Aussi, recevoir un appel signifiait-il toujours un problème pour les deux explorateurs...
Wilem
Odroba entendit le son rauque de la voix de son partenaire résonner dans son casque. Leurs systèmes de communication personnels leur offraient une liaison constante à courte portée, et Odroba ne perdit pas une miette du dialogue avec la surface.
Salut Wilem, ici Kyle. Désolé de vous déranger, mais on a été aveuglé par une importante source lumineuse en surface. Je tenais à m'assurer que ça ne provenait pas d'en bas... et que tout allait bien pour vous bien sûr...
- Tout va bien. RAS.
- Ok merci. J'pensais bien que ça n'avait rien à voir avec vous, mais on n'est jamais trop prudent, n'est-ce pas ?
- Ouais.
- Dites les gars, je...
Wilem reposa le G-Com, furieux. Cet idiot d'assistant prenait la peine de les contacter parce qu'il avait vu ce qui n'était sans doute qu'un éclair, multipliait les risques en en faisant des tonnes au lieu d'aller à l'essentiel, et en plus, se permettait de lui couper la communication au nez. Pourquoi Trevor avait-il laissé cet idiot utiliser le G-Com pour une telle broutille ? Ce n'était pas son genre... Il allait demander des explications, et peu importe s'ils le foutaient à la porte. Il n'allait pas laisser un petit prétentieux irresponsable prendre des risques inutiles sans la ramener. C'était sa vie qu'il jouait après tout.
Wilem ?
La voix d'Odroba mit un terme au cours désagréable de ses pensées. Il se releva et fit face à son partenaire.
Ouais ?
- Pourquoi as-tu coupé la communication ? Je me doute qu'il te tapait sur les nerfs mais tu sais bien que...
- J'l'ai pas coupé. C'est ce petit merdeux qui a claqué le récepteur. Il devait se faire chier là-haut et il a rien trouvé de mieux à faire que de nous contacter pour nous faire savoir qu'il avait vu un éclair... Sale petit con...
Odroba restait perplexe. Il avait beau savoir que Kyle pouvait se montrer affreusement orgueilleux et pédant, il n'en était pas moins compétent et pointilleux sur les protocoles. Les sentiments de Wilem à son égard l'aveuglaient, mais Odroba était sûr que Kyle n'aurait jamais pris le risque de les contacter pour un simple éclair... Et puis, jamais il n'aurait coupé court à une communication directe avec eux. Le protocole stipulait explicitement de ne jamais fermer le G-Com sans en avertir le groupe du fond, une mesure de sauvegarde pour éviter qu'ils ne se fassent du mauvais sang... ce qu'Odroba était précisément en train de faire...
Je la sens pas trop cette histoire Wil. Tu veux pas le relancer ?
Wilem s'apprêtait à répondre franchement ce qu'il pensait de la suggestion de son collègue avant de se rappeler une chose. Quand Odroba avait une idée en tête, il allait jusqu'au bout. Et s'il avait décidé de reprendre contact avec la surface, il le ferait, quand bien même il devrait retraverser la galerie pour enclencher lui-même le G-Com. Alors autant leur faire gagner du temps...
Ouais...
Wilem reprit l'appareil et tenta vainement de joindre le poste de contrôle. Après cinq tentatives infructueuses, il se résigna à raccrocher.
Ils ont du avoir un problème là-haut. P'têt que l'orage a fait péter l'installation électrique.
Odroba, qui se tenait juste derrière lui désormais, secoua la tête.
A moins que la foudre ne soit tombée directement sur la batterie du G-Com, y a aucune raison pour que les communications soient coupées Wil, et tu le sais aussi bien que moi... Je sais pas pourquoi, mais j'ai un mauvais pressentiment sur cette affaire...
- Et ?
- Et je crois qu'on ferait mieux de remonter.
Wilem s'opposa fermement à cette idée, arguant qu'ils allaient perdre un temps précieux et que Trevor les feraient redescendre à grands coups de pied dans le casque dès qu'il verrait leur antenne dépasser la surface. Et qu'en plus de se prendre une gueulante, ils pourraient même se faire sucrer une partie de leur paie dans une amende bidon. Mais comme toujours, Odroba tint bon et quelques minutes plus tard, il débouchait du goulot d'étranglement qu'éclairaient les étranges étoiles de cette nuit...
Le calme qui accompagna sa remontée était inhabituel et malsain. Trevor aurait du les voir venir sur les écrans de surveillance. Et si tout allait bien, il aurait du faire face aux hurlements frénétiques de son patron en colère. Mais rien... Pas la moindre activité. Pas le moindre technicien venu les aider à reprendre pied et à se débarrasser de leur équipement.
C'est alors qu'il les aperçut... Allongés les uns à côté des autres, plusieurs mètres à l'intérieur du périmètre de sécurité.
Ah.... fit Wilem derrière lui. Classique soupir de soulagement que son collègue émettait à chaque sortie de puits, tradition qui d'un coup cadrait mal avec le décor...
Quelque chose clochait. Les techniciens qui poussaient un roupillon ? Non... ce n'était pas possible. Et quelque chose chez eux éveillait un vague souvenir chez Odroba, une impression de déjà vu...
Ca fait toujours autant de bien de se retrouver à la surface.."
Les cadavres dans la mine ! Voilà l'image qu'ils lui rappelaient. Ces êtres mous, inertes, vides...
[i] Tssssccchhhhhh
La décompression du casque de Wilem avant l'ouverture... Comme toujours, son collègue n'avait pas perdu de temps pour aspirer à grandes bouffées l'air pur de la surface. Il prétendait détester l'air de boîte de conserve qu'on leur faisait respirer dans leurs combinaisons...
Odroba se retourna et ne put réprimer le cri qui monta dans sa gorge.
Wilem était à genoux. Le casque avait roulé sur le sol, avant de s'arrêter, retenu par la conduite qui leur apportait l'air et qui prenait sa source dans les bonbonnes fixées au dos de leur combinaison. Seul son visage n'était plus recouvert par l'épaisseur de leur équipement protecteur... et les bactéries s'en donnaient à cœur joie. Sa peau était déjà couverte de cloques hideuses qui amplifiaient à vue d'œil, avant d'éclater pour libérer leurs doses de pus et de sang...
A peine quelques secondes plus tard, Wilem mourait aux pieds d'un Odroba pétrifié par l'horreur... _________________ Site perso |
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Viktor commère galactique

Inscrit le: 16 Avr 2004 Messages: 704
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Posté le: Jeu 22 Fév 2007, 15:09 Sujet du message: |
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Plaines de la Victoire
Les bombes avaient frappé Elanka. L'une après l'autre, elles s'étaient abattues sur les tours de la capitale, déclenchant des déluges de flamme qui dévoraient tout sur leur passage, transformant la ville en un gigantesque brasier dont nul ne pourrait réchapper.
Surtout, les sphères de verre qui s'étaient fracassées au premier choc avaient pu libérer le poison qu'elles renfermaient. Peu à peu, l'atmosphère se chargeait de ces étranges particules. Le gaz vecteur des bactéries se mêlait aux poussières des immeubles détruits, aux oxydes de carbone dégagés par la combustion de la ville et à tous les composants toxiques qu'un tel brasier pouvait engendrer. L'air autrefois si pur d'Elanka était devenu plus dangereux que les flammes. Toute vie disparaitrait en quelques minutes. Tout sombrerait dans les cendres. Une cité historique. Le fleuron de la planète.
Et le gaz se propageait.
Dès sa libération, il commençait à se diffuser dans l'atmosphère environnante. En quelques secondes, il parcourait des kilomètres, propulsé par le souffle de l'explosion, et sa vitesse faiblissait à peine tant Tourâch était parvenu à amplifier ses propriétés de diffusion. Une réussite indiscutable dont il tirerait sans nul doute une grande fierté.
A peine une minute après que la première sphère ait heurté le bitume de l'avenue II, le Orace P. était sorti d'Elanka, gagnant les faubourgs de la capitale, s'attaquant aux formes de vie ayant résisté aux poids des bombes. Et même les rats ne pouvaient survivre à une telle épreuve.
Et il courait déjà à travers les Plaines de la Victoire, parcourant à vitesse folle les étendues désertiques, survolant les carcasses rouillées des anciens équipements de combat, s'engouffrant dans les brèches des murs de défense, pénétrant dans les galeries et les tunnels creusés par les protagonistes de cette ancienne bataille. L'avancée du gaz ne rencontrait aucune limite, aucune barrière infranchissable. Et parmi les milliards de bactéries qu'il véhiculait, si peu périssaient en chemin. Trop peu pour sauver les prochaines victimes que le nuage mortel rencontrerait.
Et lorsqu'enfin elles trouvaient une proie pour leur insatiable appétit, elles se ruaient ensemble sur chaque parcelle de vie qu'elles pouvaient parasiter, consommer, vider... avant de disparaître.
Mais la faune éparse des terres perdues ne pourrait combler leur appétit...
Le corps allongé en bordure des Plaines de la Victoire ne prit que quelques minutes à être digéré. Les bactéries avaient rapidement recouvert la peau du jeune garçon, elles s'étaient engouffrées sous ses vêtements, avaient plongé dans les narines qui, un instant avant, insufflaient en lui un souffle de vie.
Joah marchait seul sur une grande route dans la nuit la plus profonde. Il entendait hurler sa mère. Elle lui criait de revenir. Il l'entendait mais ne la voyait pas. Il voulait lui répondre, lui dire qu'il était désolé. Il la cherchait du regard mais tout était si noir. Et il hurla à pleins poumons, la supplia de venir le chercher. Et il entendit les pleurs d'Idrissa. Elle était là, près de lui, sa petite soeur adorée. Il tendit la main dans le noir, il voulait serrer ses petits doigts si frêles dans sa paume, lui dire qu'il ne fallait pas pleurer, qu'il était là pour elle et qu'il la protégerait, comme un grand. Le monde tourna autour de lui. Il baissa la tête et vit le sol remuer. Il n'était plus sur la piste. Il avait du s'écarter du chemin. Il ne reconnaissait pas l'endroit. Comme il devait s'être égaré loin dans les terres perdues. Un gigantesque morceau de métal trônait devant lui, et il mit un peu de temps à comprendre qu'il s'agissait de la carcasse d'une navette d'assaut. Des corps innombrables gisaient aux pieds du vaisseau échoué. Un spectacle irréel qui lui glaça le sang. Et les corps se mirent à frémir. Doucement. Il ferma les yeux mais il les voyait toujours. Ils ne tremblaient plus maintenant. Ils grouillaient. Et Joah comprit que les corps ne bougeaient pas. Que les morts étaient morts depuis longtemps déjà et qu'ils ne se réveilleraient jamais. Que ce qui bougeait à l'intérieur de ces cadavres était bel et bien vivant... des milliards d'insectes qui se nourrissaient des chairs en décomposition de ces soldats morts au combat. Et que bientôt ils viendraient pour lui...
Ce fut presque un soulagement quand les bactéries qui le dévoraient mirent brutalement fin au cauchemar qui hantait son sommeil... _________________ Site perso |
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Viktor commère galactique

Inscrit le: 16 Avr 2004 Messages: 704
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Posté le: Ven 23 Mar 2007, 12:28 Sujet du message: |
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Hameau de Chopok, Plaines de la Victoire.
Samasso s'était précipitée aux premiers coups contre la porte. Malgré les paroles appaisantes d'Idrissa, elle n'avait pas réussi à calmer l'angoisse qui la tenaillait, et elle n'avait pu céder au sommeil qu'elle accueillait si volontiers d'habitude. Joah n'était toujours pas rentré et elle n'avait pu joindre personne. Le problème de communication semblait toucher l'ensemble de Chopok, car sa tournée des habitations du hameau ne lui avait pas permis de joindre Lia. Et comme souvent dans ces cas-là, il ne serait sans doute pas résolu avant des semaines si aucun d'eux ne mettait son nez dedans. L'inconvénient d'habiter dans un endroit isolé dont les grandes compagnies et les autorités n'avaient que faire.
Alors elle était rentrée chez elle, et, après avoir mis une Idrissa boudeuse au lit, elle s'était à nouveau installé devant l'holocom, sans plus de succès. Elle fixait la pendule du salon, et sa peur montait à mesure que les aiguilles filaient. Son coeur battit à grands coups quand le pemier coup résonna. Elle se leva avec hâte et se jeta sur la poignée. Une immense déception s'empara d'elle lorsqu'elle découvrit le visage qui lui faisait face. Elle ne s'aperçut même pas de l'état de tension extrême de Raloa, et il lui fallut quelques secondes avant de comprendre ce qu'elle lui disait.
... vite ! Depêche-toi !
- Quoi ? Qu'y-a-t-il ?
Mais Raloa était déjà loin. Samasso s'avança sur le perron et regarda d'un air hébété les habitants de Chopok se ruer hors de chez eux les uns après les autres, Yoel encore en chemise de nuit traînant ses deux bambins à moitié endormis, Riget et Filan qui enfilait sa veste tout en claquant la porte de chez lui, Mia qui courait pieds nus sur le sol caillouteux.
Samasso ! Qu'est ce que tu attends ? Il y a une alerte, vite dépêche-toi !
Hubs la prit par le bras et chercha à l'entraîner avec elle vers l'abri du village. Samasso reprit enfin ses sens. Idrissa ! Elle se dégagea de l'emprise de Hubs et se précipita dans la chambre de sa fille. Idrissa se mit à ronchonner quand sa mère la secoua pour la réveiller. Elle se débattit même quand Samasso essaya de la tirer du lit. C'est alors que Samasso se sentit poussée sur le côté, et qu'elle vit une grande masse s'emparer de la jeune fille et la plaquer sur son dos sans ménagements.
Allez, file maintenant ! On a pas le temps!
La haute stature de Hubs se tenait à nouveau devant elle. Mais cette fois, il n'eut pas à la tirer par le bras pour qu'elle le suive.
edit mise en page _________________ Site perso
Dernière édition par Viktor le Ven 23 Mar 2007, 13:21; édité 1 fois |
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Viktor commère galactique

Inscrit le: 16 Avr 2004 Messages: 704
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Posté le: Ven 23 Mar 2007, 13:16 Sujet du message: |
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Résidence administrative B2, Achotek.
Quelle idiote ! Pourquoi avait-il fallu qu'elle remonte ces foutus escaliers ? Qu'espérait-elle ? Elle n'avait donc rien compris ! Ce n'était pas une simple alerte. C'était une véritable évacuation. Dans ces cas-là, il n'y avait pas une seconde à perdre. Il l'avait compris, lui. Et c'est pourquoi il n'avait guère eu à hésiter quand elle lui avait tourné le dos. Il ne mourrait pas pour elle.
Alors il lui avait tourné le dos lui aussi. Et il s'était jeté dans la foule, se battant furieusement pour franchir les portes du hall d'entrée donnant sur les rues de la ville. La foule paniquée prenait le chemin de l'abri central. Il avait failli se laisser entraîner par le mouvement désordonné des étudiantes, avant que son sang-froid ne reprenne le dessus. Dans les situations de crise, un calme inhabituel s'emparait de lui, comme si tout ce qui se déroulait autour de lui ne pouvait l'affecter. Il oubliait toute émotion, tout sentiment. Déjà, il n'avait plus la moindre pensée pour Lia. Sa chère et tendre, son amour... Oublié les moments volés dans les sous-sols de la résidence, oublié le sourire charmeur qui lui chavirait le coeur, oublié cette lueur dans ses yeux quand il la prenait dans ses bras, oublié tous les projets, les rêves et les envies d'une vie avec elle. Rien d'autre ne comptait que de sortir de ce foutu guêpier.
Il s'écarta de la voie principale, luttant furieusement pour ne pas subir le courant des fuyards. Ils n'arriveraient jamais au point de ralliement. Celui-ci devait déjà être bondé, et ils auraient dix fois le temps de mourir avant de comprendre que les installations de la ville étaient loin de pouvoir accueillir et protéger toute la population d'Achotek. Heureusement, il savait ce qu'il avait à faire.
Il prit par la voie Ferrandia, tournant dans la ruelle suivante, courant à perdre haleine pour atteindre son objectif. Cela pouvait fonctionner. Cela devait fonctionner. Les petites allées qu'il empruntait étaient comme mortes, les portes des immeubles, grandes ouvertes, avaient déjà vu passer leurs occupants. Tout le monde fuyait, mais pas dans la bonne direction. Cela lui redonna espoir. Il n'était pas trop tard.
Il commençait à perdre son souffle, ses jambes en feu le portaient avec peine, mais il courait toujours. Une énergie insoupçonnée lui donnait la force nécessaire. Et il n'était plus qu'à quelques mètres désormais. La lourde porte de fer se présentait devant lui. Le bâtiment austère ne donnait aucun signe de vie. Comme dans toute cette partie de la ville, l'évacuation précipitée avait laissé un sentiment de désolation. Les gardes qui stationnaient en permanence aux portes du laboratoire n'étaient plus là depuis longtemps. Sans doute avaient-ils eux aussi fui vers les sirènes quand l'alarme avait retenti. Les fous. Courir vers la mort alors que leur salut était à deux pas. Un bref moment de panique s'empara de lui. Toutes ses affaires étaient restées dans les vestiaires de la salle d'entraînement. Son pass... Il fouilla ses poches précipitamment... mais le fol espoir de l'y trouver fut vite écourté. Il faillit céder au désespoir. Echouer si prêt... Il donna un grand coup contre la porte, puis un autre, mais il ne réussit qu'à se tordre légèrement la cheville. Elle ne céderait pas à de si faibles assauts.
Mais lui non plus.
Non, il ne se laisserait pas arrêter par une simple porte.
Reprenant ses esprits, il fit rapidement le tour des solutions qui se présentaient à lui. Repartir était hors de question. Il fallait à tout prix pénétrer dans l'enceinte du laboratoire. Et le temps pressait.
Il prit le temps d'observer attentivement autour de lui. Les fenêtres du premier étage étaient verrouillées par des panneaux d'acier. Et aucune d'entre elles ne semblait déroger à cette règle. Foutue sécurité. Il avait été l'un des premiers à s'en féliciter quand il avait pris cette fonction dans le centre de recherche de la Medical R.Athen. Les innombrables mesures de précaution, les règles strictes et les principes de confidentialité, tous ces mystères qui entouraient leur travail. Tout cela avait gonflé sa fierté de chercheur. Qu'elle était vaine désormais devant ces portes closes.
Ses yeux tombèrent alors sur l'interphone et il maudit immédiatement sa stupidité. Bien sûr, si lui y avait pensé, d'autres que lui devaient y avoir songé aussi. Et ils devaient se trouver à l'intérieur du laboratoire. Il se précipita vers l'appareil et actionna tous les boutons de communication. Un déclic se fit entendre.
Ouvrez ! C'est Red Denins. Ouvrez vite !
Un nouveau déclic. Mais la porte restait close.
Il s'acharna à nouveau sur les touches de l'interphone.
Bordel ! Ouvrez moi ! C'est Red ! Je travaille ici. Laissez moi entrer... Vous n'allez pas me laisser crever à la porte ? Bande de salauds !
Nouveau déclic.
Red, nous sommes désolé. Nous ne pouvons prendre le risque de t'ouvrir. Bonne chance.
Déclic... communication coupée.
Enfoirés ! Bande d'enfoirés ! Y a aucun danger là, je suis tout seul ! Ouvrez moi... ouvrez moi...
Les larmes lui montaient au visage comme il hurlait ses insultes et ses supplications dans le vide. Il avait reconnu la voix de Cergol, Cergol avec qui il avait travaillé sur le projet pendant toute cette année... Et ils avaient définitivement coupé le contact avec lui.
Ses poings s'abattirent de rage sur l'interphone, sans autre résultat que de vives douleurs dans ses doigts. Il faillit à nouveau sombrer, mais la rage de vivre était plus forte. Non, il n'abandonnerait pas.
Il se précipita vers les véhicules abandonnés qui jonchaient la voie. Les deux premiers ne lui offrirent pas ce qu'il cherchait, mais le troisième fut le bon. La sécurité désactivée, le contact encore actionné. Ses occupants avaient du l'abandonner là quand ils furent bloqués par la foule, croyant sans doute avoir plus de chances à pied que dans cet encombrant transport purement terrestre. Il s'assit au volant et lança le moteur du Vergal. Il fit reculer le véhicule pour le positionner face aux murs du laboratoire, et, dans un grand coup d'accélérateur, il alla se fracasser contre les portes. Les panneaux cédèrent sous le choc, et il pénétra dans le bâtiment, emportant avec lui un fragment des murs. Il sentit la peau de son bras se déchirer lorsque celui-ci fut pris dans les barres de soutainement. Sa tête heurta la vitre de protection, et il fallut un énorme coup de chance pour qu'il ne se fracasse pas les cervicales. Un peu sonné, il parvint à sortir du véhicule défoncé et à tituber jusqu'aux ascenceurs menant aux sous-sols du laboratoire. Il composa le code, laissant des traînées de sang sur les touches du clavier. Mais la douleur ne comptait pas, il ne la sentait pas encore. Bientôt, il atteindrait les étages inférieurs, et alors il serait protégé. Il avait réussi.
A quelques kilomètres de là, assise sur les marches de la Résidence Communautaire, une Lia désemparée attendait que le gaz mortel pénètre ses tissus. Elle ne ferait pas le moindre geste quand les bactéries commenceraient à dévorer son corps. _________________ Site perso |
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Viktor commère galactique

Inscrit le: 16 Avr 2004 Messages: 704
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Posté le: Mar 17 Avr 2007, 10:59 Sujet du message: |
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Frégate minière B113, secteur XX de la galaxie Empirium.
La frégate minière s'éloignait aussi rapidement que possible de la zone. Il n'avait pas fallu longtemps à son capitaine pour comprendre ce qui risquait d'arriver. Le pavillon de la Viktorian Rhapsody ne laissait guère de doutes, les visites de contrôle n'auraient pas lieu, et personne ne viendrait réclamer la frégate. Il n'avait donc plus rien à faire dans le secteur, et surtout pas chercher les ennuis en orbite d'une planète qui deviendrait bientôt une zone de non-vie. Les exactions du pirate Viktor lui étaient parvenus aux oreilles. L'odieux chantage auquel se livrait ce méprisable caïnite auprès des seigneurs de la galaxie avait fait le tour des canaux officiels. Mais il n'aurait jamais cru en être un jour témoin.
Dans un premier temps, lorsque le vaisseau avait foncé droit sur eux, il avait craint que sa frégate ne soit prise pour cible par les canons du Commodore, et c'est pourquoi il avait aussitôt donner l'ordre de départ. Et ce avant même de prévenir les autorités d'Elanka de l'arrivée du Suscion. Il ne le regrettait pas, même s'il comprenait maintenant que le risque pour lui et ses hommes était nul. Le Suscion avait poursuivi sa route, laissant derrière elle la frégate minière du commandant Kwoude sans le moindre signe d'hostilité à son égard.
Il avait le devoir de protéger son équipage, et surtout de protéger ce produit hautement lucratif pour les dirigeants de la ConstruTek. Il avait donc donné l'ordre de fuir. Bien sûr, ces derniers seraient déçus d'apprendre que la vente n'avait pas eu lieu, et sans doute maudiraient-ils les pratiques de Viktor pour la perte nette liée à ce délai, mais ils trouveraient vite d'autres repreneurs. Les frégates minières étaient très demandées. Et puis, rien ne disait que la Stolkener renoncerait à l'achat. Après tout, la planète serait vidée de sa population, pas de ses ressources minières. Et les MODs ne craignaient pas d'opérer dans un brouillard bactérien.
Jason secoua la tête. Il eut soudain un profond mépris pour lui même. Penser à ces considérations matérielles alors qu'un drame d'une telle ampleur se déroulait sous ses yeux. Il se força à regarder les écrans des projecteurs donnant sur Elanka. Sous l'imposante masse du Commodore, un déluge de feu verdâtre se déversait sur la planète. Le spectacle en était presque beau. Jason fut comme fasciné par les couleurs intenses et l'éclat qui illuminait cette partie de l'espace. Jamais il n'aurait cru pouvoir céder ainsi à la beauté d'un véritable massacre. Mais, vu d'aussi loin, rien ne laissait deviner que les éclairs issus du ventre du Suscion étaient autant d'instruments de mort et de désolation. Un haut le coeur le secoua. Comment pouvait-il se laisser ainsi aller à la contemplation d'une telle horreur ? N'avait-il donc aucune compassion pour les victimes ? N'avait-il aucun sentiment humain capable de le détacher de la féérie visuelle de ce bombardement ?
Lorsqu'il se tourna vers ses hommes d'équipage, il remarqua qu'eux aussi avaient cessé leurs occupations pour absorber cette vision unique. Aucun d'eux ne semblait comprendre que des milliards de vie humaine seraient réduites à néant.
Jason frappa un grand coup sur son pupitre de commande et tous les techniciens sursautèrent avant de le fixer avec stupeur.
Officiers, à mon commandement. Nous reprenons immédiatement les manoeuvres de départ. Nous quittons provisoirement la zone pour les coordonnées suivantes : XXX-XXX. Et éteignez immédiatement les projecteurs en liaison avec Elanka.
Un concert de « A vos ordres commandant » lui répondit avant qu'une nette agitation ne s'empare du poste de commande.
Jason reprenait peu à peu ses réflexes de commandant de bord. Le choc de cette situation inhabituelle était maintenant derrière lui, et si le sentiment d'horreur persistait, il savait qu'il ne pouvait rien contre la situation. Par contre, il pouvait mettre son vaisseau à l'abri, et ainsi protéger sa carrière au sein de la ConstruTek. Il entreprit de contacter rapidement les dirigeants de l'entreprise. Comme il pouvait s'y attendre, ces derniers le félicitèrent de sa décision, et pestèrent quelque peu contre les pirates qui ne comprenaient rien aux affaires et n'avaient aucun respect pour les honnêtes commerçants de cette galaxie. Jason écouta en silence, réfrénant ses envies d'hurler des insultes à ces êtres inhumains qui ne voyaient que le profit et ne comprenaient pas la dimension du massacre qui se déroulait sur Elanka. Mais peut-être était-ce mieux ainsi... Peut-être lui aussi devrait-il considérer cela comme un simple aléa de son histoire. La galaxie Empirium était une galaxie en guerre, les malheurs faisaient légion, et être témoin de l'un d'entre eux ne devait pas lui faire oublier le fait que lui était vivant, et que partout ailleurs, la vie continuait... et le business aussi.
Ses pensées lui avaient fait perdre le fil de la conversation en cours, et ce n'est qu'après avoir entendu son nom qu'il revint à l'écoute de son interlocuteur.
... et comme je vous le disais, nous tenons à vous féliciter de votre prise rapide de décision. Bien évidemment, vous vous êtes quelque peu éloigné de la zone de livraison, mais nous doutons que la Stolkener choisisse de procéder à l'achat dans cette zone désormais... Ou alors attendront-ils au moins que les actes terroristes ne soient terminées. Toujours est-il qu'il est préférable que vous ne vous écartiez pas trop des coordonnées que nous vous avions transmises. Bien sûr, l'agitation qui va suivre cet événement risque d'attirer de nombreux pillards ou des vaisseaux de chasse contre ce pirate. Nous ne pouvons qu'espérer qu'ils mettront fin à ces agissements... en attendant, prenez bien soin de ne pas vous faire prendre entre deux feux, nous serions forts contris de voir notre vaisseau tomber en de mauvaises mains ou être la victime de tirs désordonnés. Alors nous comptons sur vous pour assurer pleinement la protection de notre frégate. Vous saurez vous montrer digne de notre confiance, n'est-il pas ?
- ...
- Commandant Kwoude ?
- Bien évidemment...
- Parfait. Nous vous transmettrons sous peu les nouvelles instructions pour la livraison. Les responsables commerciaux de la Stolkener nous ont déjà assuré qu'ils ne comptaient nullement annuler leur acquisition. Et qu'ils ne nous tiendraient nullement responsables du délai occasionné par ce facheux incident. Voilà qui devrait vous rassurer.
- ...
- Bien. Je vois que nous sommes donc en parfait accord. Nous vous laissons prendre en main la suite des opérations. Et n'oubliez pas : la sauvegarde de notre vaisseau est essentiel, alors ne prenez aucun risque inutile. Au revoir commandant Kwoude, sachez bien que nous comptons sur vous, et que nous vous félicitons encore pour votre réaction. »
Le sentiment de dégoût ressurgit violemment. Dégoût pour lui-même, pour cette institution qui mettait les pulsars avant tout le reste. D'immondes vautours qui se nourissaient des guerres et des malheurs pour leur propre profit... des marchands... Sans doute la pire espèce de tout l'empirium, sous leurs beaux atours et leurs beaux discours. Certains d'entre eux osaient même se donner des allures de vertu.
Un instant, il fut tenté de tout laisser tomber, de faire demi-tour pour aller porter secours aux habitants d'Elanka. Peut-être serait-il en mesure d'en évacuer ? Peut-être aurait-il pu éviter la mort de centaines d'hommes et de femmes ? Il réalisa très vite que cette idée n'était qu'une folle utopie. Il était déjà trop tard, beaucoup trop tard...
Pour soulager sa conscience, Jason passa les heures qui suivirent à contacter les postes de contrôle de toutes les planètes environnantes. Sans doute cela s'avérait-il inutile, mais peut-être cela permettrait-il d'éviter de nouveaux massacres ? Et qui sait, peut-être cela permettrait-il de mettre un terme aux agissements de ce pirate bactériologique ? _________________ Site perso |
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