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Developpement Empirium
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Katherine Talkesh Concierge

Inscrit le: 26 Avr 2004 Messages: 1935 Localisation: Prima / Feldyn, Ivée, Aön  |
Posté le: Lun 17 Mai 2010, 02:23 Sujet du message: |
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Aurore III
C’était étrange, fou, voir même insensé, mais que me restait-il encore à faire sur ce rocher perdu dans l’espace et qui, à présent, n’était déjà plus qu’un lieu perdu à jamais pour ceux qui avaient fui et ceux qui étaient restés ? Il aurait suffit de rendre les armes dès le début du conflit, ça aurait été la décision la plus sage probablement. Mais si j’étais certaine que la Dame avait essayé, ça n’avait probablement pas aboutit. Les elfes voulaient une guerre et non pas une reddition dès les premières minutes. Maintenant tout était perdu, la seule souveraineté qu’il restera à l’EC une fois le conflit finit, si il prend fin un jour, sera sur les vaisseaux qui ont réussit à fuir, surpeuplés et sous-équipés. Une mort lente et certainement méritée pour un peuple qui avait si lamentablement échoué à se défendre.
En attendant j’allais profiter du temps qu’il me restait avant ma mort en faisant la plus belle partie de chasse de mon existence. Je mourrais en traquant sans relâche le prédateur qui nous avait mis à genou dès leur premier assaut. Concourt de circonstances disaient certains, conclusion inévitable selon d’autres. Qui n’aurait pas profité de sécuriser ainsi sa frontière avec un voisin à l’apparence agressive ?
C’était un très bon calcul et pour ma part j’avais fait le mien. Avec les options qu’il me restait en tant qu’ancien soldat décoré de l’EC, soit être utilisée comme exemple pour soumettre la population. Une mort particulièrement dégeulasse donc… Je préférais de loin une mort violente et méritée, s’ils voulaient me tuer et faire de moi un exemple, se serait pour montrer à leur troupe que l’on peut nous tuer, même le démon que j’espérais devenir. Je n’avais qu’une envie : arriver à disgracier un bon nombre de commandant régional avant qu’ils me tuent, avant que je ne doive m’arrêter. J’avais également l’espoir de découvrir ainsi si l’impératrice était toujours sur Terra où si elle avait fuit bien avant l’invasion. Ca c’était on ne peut plus optionnel par contre, cette connaissance ne changerait pas le moins du monde mon résonnement ou ma résolution. Cela dit, cette pensée pour l’impératrice me fit immédiatement penser à son arme de prédilection et je me mis à rêver pouvoir ne serait-ce qu’un temps faire croire que les cibles que j’allais abattre serait de son œuvre.
Alors que je préparais mon équipement, j’y ajoutais les dagues que j’avais subtilisées et remarquais la rainure qui courait au milieu de la lame. Je n’en doutais pas une seconde, les lames étaient empoisonnées, avec quoi je n’en savais rien, mais ça n’avait vraiment aucune importance. Aucun drow ne porterait une arme empoisonnée qui ne tue pas extrêmement rapidement ou dans d’atroces souffrances…, c’était parfait ! La nuit commençait à tomber quand je me décidais à quitter mon perchoir dans l’ancienne tour hydroponique sud dévastée. Je me laissais descendre le long du câble d’un monte-charge et lorsqu’enfin je pus sortir du passage souterrain de maintenance que j’avais emprunté, je me trouvais déjà à moins de deux kilomètres du palais. Nexus m’avais informée qu’une attaque en règle allait avoir lieu sur le palais, et par conséquent il y aurait des patrouilles sur les flancs de la formation principale afin d’éviter une attaque surprise. Grâce aux efforts de Nexus j’avais pu obtenir un accès aux communications et j’avais par conséquent un très large aperçu des possibilités de l’ennemi.
Je me glissais lentement d’un tas de débris à un autre ou rampais au milieu des cadavres dans l’unique but de rejoindre la zone opérationnelle de l’ennemi. Ils allaient devoir élargir leur front s’ils voulaient passer les défenses du palais et ils ne pouvaient espérer le faire avant quelques heures, ce qui me laissait amplement le temps d’avancer très précautionneusement. Nexus triait les communications et me transmettais une carte tactique constamment mise à jour avec les positions approximatives des différents bataillons. Pour les patrouilles c’était une toute autre histoire, Nexus ne pouvait espérer les localiser très précisément, ma progression se faisait donc un maximum dans les bâtiments, en hauteur.
Par contre, je me réjouis bien vite que l’ennemi utilise des soldats-esclaves qui ne possédaient pas la vision dans les infrarouges de mes chers drows. Ils progressaient dans les ruines, éclairant les alentours des lampes qu’ils avaient sur leur fusil. Du toit du bâtiment sur lequel je me trouvais je ne pouvais rater une telle cible. Mais s’ils étaient cinq à avoir des torches, deux hommes supplémentaires se trouvaient un peu en retrait et se déplaçaient avec une légèreté qui ne tromperait personne. C’était des elfes. Je plaçais donc rapidement un capteur infrarouge en direction de la rue en contrebas avant de me baisser et de me coller contre le rebord de béton. Le contact froid avec le mur me ramena à la réalité et je préparais mes armes en quelques mouvements fluides et parfaitement silencieux. Le moindre bruit parasite dans cette ville réduite au silence pouvait me trahir aussi facilement qui si j’avais signalé ma présence en leur tirant dessus.
Lorsque les signatures thermiques des soldats avaient un peu dépassé ma position, je localisais les faibles échos que laissaient les traces de pas des elfes et me jetais dans le vide. Une chute de six étages m’attendait et j’espérais vivement que l’exosquelette remplirait son office à la perfection, sans quoi j’allais très probablement y laisser ma peau. La cape thermique claqua dans l’air alors que j’ajustais ma descente d’un coup de pied contre le rebord. Il y eut du mouvement, les elfes regardèrent dans ma direction puis commencèrent à articuler un cri d’avertissement tout en levant leurs armes vers moi. Six étages, quatre étaient déjà passés, plus que deux, peut être moins d’une demi-seconde de chute encore, mais qu’est-ce qu’ils étaient rapides !
Le temps s’écoula au ralentit alors que je m’approchais du sol et de mes premières proies ; le temps ne s’écoula pas plus vite alors que je m’abattais de tout mon poids sur l’un des elfes. La structure musculaire sembla vouloir résister au choc alors que tous les os qui la soutenaient volèrent en éclat. Alors que je disparaissais dans une gerbe de sang, l’humain le plus alerte qui pointait déjà son arme sur moi reçu mon couteau de combat dans la gorge et le tire tant attendu ne vînt pas, remplacé par le gargouillis d’un mort en sursit. Le second elfe n’eut pas beaucoup plus de temps que son compatriote pour réagir et alors que son camarade s’était retrouvé pour moitié à l’état de pulpe sur le sol il devait combattre contre la force irrésistible de la gravité qui l’attirait vers le sol. Il ne pu empêcher sa chute et regarda incrédule sa jambe amputée au niveau du genou.
Les humains tentèrent de s’enfuir et furent abattus comme des chiens d’une balle chacun dans le dos. C’était une première victoire mais j’avais encore fort à faire et un blessé à achever. D’un tir aussi silencieux que les précédant je déchiquetais l’avant bras du blessé qui essayait de récupérer son arme. C’était courageux, mais futile. Un peu comme mon action en fin de compte. Il assista impuissant alors que je fouillais ce qu’il restait de son ami. Je récupérais les armes qu’il portait sur lui et en vérifiais la qualité avant de les jeter au loin. Rien de mieux que ce que j’avais déjà trouvé et réquisitionné. Je me penchais donc sur le visage à moitié écrasé et lui tranchais les oreilles, un petit souvenir qui m’aidera à faire les comptes plus tard. L’elfe survivant se contenta de me regarder, mais je n’allais pas lui donner la satisfaction d’une seule seconde d’hésitation et lui écrasant son bras valide sous une botte je me penchais sur lui et lui tranchais les oreilles également. Qu’ils souffrent un peu également, ce n’était que justice. Mais quand je repense à cette nuit, je crois que ma plus grande source de satisfaction fut quand je plantais l’une des dagues que j’avais récupérées au creux de son estomac et que son expression de mépris se décomposa lorsqu’il reconnu la poignée de l’arme, c’était celle du cadavre le plus proche, celui de son frère elfe. Le mourant se débattit encore quelques minutes en criant avant de rendre l’âme. En attendant j’avais récupéré mon couteau de combat dans la gorge du soldat mort et avait fouillé les cadavres des humains. J’avais finit par repérer un objet parfaitement anodin, mais qui allait devenir ma signature.
Une fois mon œuvre terminée, je repartais par les toits en direction du sud, vers une planque provisoire qui allait me servir à préparer la prochaine partie de chasse. Nexus m’avertit plus tard, les cadavres avaient été retrouvé et identifiés comme ceux de la patrouille manquante. L’elfe qui faisait son rapport avait conclu à une lutte de pouvoir entre les deux éclaireurs qui avait mal tournée. Il ne s’expliquait par contre pas ce qui était arrivé au vainqueur, ni ce qui avait bien pu le massacrer ainsi et encore moins pourquoi le cadavre tenait fermement un médaillon en argent portant le symbole du talkesh’a. Je souriais, la nuit était loin d’être finie et j’avais encore beaucoup de porte bonheur à distribuer…
Dernière édition par Katherine Talkesh le Mer 19 Mai 2010, 15:13; édité 1 fois |
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Katherine Talkesh Concierge

Inscrit le: 26 Avr 2004 Messages: 1935 Localisation: Prima / Feldyn, Ivée, Aön  |
Posté le: Mar 18 Mai 2010, 00:29 Sujet du message: |
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Aurore IV
-Trois patrouilles…
-L’ennemi s’est-il déployé en dehors du périmètre du palais hier ? Nos renseignements étaient pourtant formels !
-Non, ils sont tous restés dans l’enceinte de la structure principale et n’en sont pas sortis. Quelques tirs de snipers ont bien ralentit notre avancée et les mines de ces chiens sont trop intelligentes, mais à par ça ils attendent patiemment que nous venions les chercher à l’intérieur. Comme personne n’est encore entré…
-Alors pourquoi les cadavres de six de nos frères gisent-ils au sol comme s’ils s’étaient joyeusement massacrés ? Et dans ce cas pourquoi tuer ces humains inutiles ? Et ce médaillon ?
-Pour les humains, des témoins gênants probablement. Mais la question se pose plutôt sur l’inexplicable mort des vainqueurs,… mais nous le découvrirons si nous mettons à nouveau la main sur les oreilles manquantes, n’est-ce pas ?
-Merci pour la traduction Nexus.
-C’est un plaisir dame Sinclair, chasseresse de Séléné.
-C’est ça, fous-toi de ma gueule. En attendant ils sont dans le cirage le plus complet.
-J’espère que vous ne doutez pas une seconde que cette situation ne peut durer indéfiniment…
Oh ! Je ne le savais que trop bien qu’un jour ou l’autre ils allaient comprendre et qu’à ce moment le seul salut pour ma vie serait de fuir. L’autre option tactique ? Il valait mieux la voir comme un suicide, car sur le principe ça n’en était vraiment pas loin.
En attendant, une nuit de chasse et six trophées. C’était pas mal lorsque l’on considérait que les elfes sortaient rarement des lignes arrières. Ils étaient par contre d’excellents éclaireurs et l’ennemi ne s’en privait pas. Une veine et des trophées pour moi, des morts et des questions pour eux. Un échange tout à fait équitable de mon point de vue. Selon les canaux, j’avais encore quelques heures avant que l’assaut ne soit donné sur le palais et si je voulais participer à la fête il allait falloir que je sois en pleine possession de mes moyens. Un temps de repos s’imposait donc. Je m’allongeais donc sur les capes drow dont j’avais découpé les morceaux tâchés de sang et me laissais bercer par la douce musique qui provenait du palais, au loin. Je me tournais sur le dos afin de contempler un moment le ciel et c’est là que j’aperçu une toile d’araignée au plafond dans le coin opposé. Gouttant à un instant de cynisme profond je prenais l’un de mes trophées et le jetais sur la toile où il s’y colla. Le tout ressemblait aux structures de membres arrachés et de corps mutilés que bâtissaient les zélotes des faux prophètes du chaos lors de la Seconde Guerre Chaotique. Je décidais de ne garder que les oreilles gauches en fin de compte et après avoir finit d’assembler les six en ma possession en un petit chapelet j’en lançais encore deux sur la toile maintenant surchargée et le reste finit au pied du mur. Cette chasse était très stimulante après tout.
-…debout… Lèves toi !
-Uh ?
-Il ne te reste plus que deux heures si tu veux encore intégrer les rangs de la troupe qui prendra d’assaut le palais.
-Déjà ? Je vois, mais ne suffit-il pas d’intégrer les rangs au moment de la charge pour profiter du chaos ?
-C’est une possibilité, mais elle est plus risquée et tout dépendra de l’endroit où les remparts s’écrouleront. Même avec un générateur quantique les solutions sont illimitées et dépendent de beaucoup trop de facteurs…
-Je ne te demande pas de calculer, bien que tu en sois capable…, non je te demande de guetter nos communications et de me donner le lieu et l’endroit où la défense aura le plus de chance de céder.
-Tu pourrais le faire seule non ?
-J’aurais plein d’autres choses à surveiller je pense…, comme les communications des assaillants par exemple.
-Comme tu veux, je te recontacterais lorsque tu auras atteint ce nœud de distribution dans les souterrains…
La carte tactique s’afficha et une zone fut mise en surbrillance. Ce n’était pas trop loin, à peine 5-6 kilomètres de ma position. Je me levais et vérifiais encore une fois mon équipement, l’éternel rituel qui garantissait l’absence du tristement célèbre Murphy. Du moins en ce qui concernait les défaillances matérielles inopportunes. Lorsque j’arrivais aux sous-sols de la tour sud, il me restait encore plus d’une heure pour rejoindre la position désignée. Je préférais garder mes forces pour plus tard et donc progressais d’un pas normal tout en restant prête à intervenir au moindre problème. Il pouvait y avoir des patrouilles dans les tunnels également et je le sentais qui me suivait, le spectre de Murphy.
Pour finir, ce n’était pas aujourd’hui que mes tunnels allaient devenir un champ de bataille et je me concentrais donc sur l’écoute des canaux elfes. Les troupes étaient éployées et pour le moment aucune brèche n’avait pu être faite dans l’enceinte du palais. Ils voulaient prendre le bâtiment pour découvrir ce qui empêchait tous les projectiles tirés depuis l’orbite de le frapper. Chaque habitant de Terra aurait pu les renseigner si la question leur avait été posée. Ce n’était pas vraiment un secret et tout le monde se doutait que la structure même des bâtiments les plus importants du palais abritait les ramifications de l’arbre ancestral de Terra, du tout premier talkesh’a de Feldyn. Je continuais donc d’écouter et enfin Nexus me dis de prendre un tunnel me menant plus à l’est tout en mettant trois accès vers la surface en surbrillance. Comme la dernière fois, je ne mis pas une seconde en doute l’analyse de la navigatrice. Ses conseils valaient de l’or et je n’avais pas l’intention de tenter ma chance sans son aide plus que précieuse.
Alors que j’atteignais un embranchement principal, Nexus élimina une des possibilités et je bifurquais vers le nord, de plus en plus proche du palais. Enfin les canaux elfes explosèrent d’annonces de brèches, j’allais avoir ma chance. Et j’aurais sauté dans une piscine de merde de laquelle je n’aurais jamais pu sortir. Nexus m’indiqua la sortie située à l’opposé de la soit disant brèche et je m’y précipitais pour sortir dans une ruelle jouxtant une artère principale où se massaient des milliers de soldats près à lancer la dernière offensive.
-ok… J’achète !
Les soldats ne réagirent même pas alors que je m’enfonçais dans la foule. Ils avaient vu trop de choses bizarres ces derniers temps, quelle population aurait sacrifié une structure aussi importante que Tanis uniquement pour supprimer quelques bataillons ? Ils attendaient tous les ordres qui les mèneraient à l’assaut des murs du palais. Pour ma part je me dirigeais vers un groupe de drows aux habits ostentatoires, comme j’allais le découvrir, il s’agissait de mercenaires qui vendaient leurs services au plus offrant. Des sans-clans pour la plupart. Voilà qui arrangeait bien mes affaires, il y aurait certainement de l’équipement de valeur sur les cadavres de ceux-là et si je jugeais bien, une section de drows se préparait à suivre le mouvement sur l’arrière.
Maintenant, il me fallait absolument un plan d’action en béton et probablement plus de chance que la création n’en porte. Cependant, c’était l’occasion ou jamais de se faire une réputation. Je levais le regard vers le palais et la flèche gigantesque qui pointait vers le ciel et acquiesçais, ma position était presque trop belle, un loup parmi les moutons et les chiens et j’avais suffisamment de chiens pour avoir trop de travail aujourd’hui. Un jour bénit entre tous probablement. |
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Katherine Talkesh Concierge

Inscrit le: 26 Avr 2004 Messages: 1935 Localisation: Prima / Feldyn, Ivée, Aön  |
Posté le: Jeu 20 Mai 2010, 11:36 Sujet du message: |
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Aurore V
Ils n’attendaient qu’un ordre pour passer à l’assaut et il fallut l’attendre presque trop longtemps à mon gout. Les soldats s’impatientaient de plus en plus et s’intéressaient trop souvent à ma présence pour le coup et ça m’embêtait au plus haut point. Je devais rester une inconnue dans la masse des « volontaires » de l’armée drow et voilà que de plus en plus de personnes s’intéressaient à l’équipement que je portais. Cette fois-ci j’étais doublement heureuse de porter la cape thermique et du désintérêt profond que portaient les drows aux humains en général. Sans quoi les fiers représentants de cette race auraient remarqué la nature de mon équipement au premier coup d’œil.
J’avais relevé la visière de mon casque afin de paraître plus dans le ton général, mais la capuche rendait les choses encore plus compliquées. L’un des soldats vînt tout à coup se place en face de moi et je vis son regard descendre au niveau de ma ceinture un dixième de seconde.
-Vous devriez mieux cacher ceci… sans quoi vous mourrez avant la fin de la journée quoi qu’il arrive.
Je compris à l’instant même où il commençait à me parler de l’objet même du coup d’œil vers ma ceinture. Le chapelet d’oreilles se voyait à cause de la position nonchalante que j’avais prise un peu plus tôt. Je corrigeais immédiatement mon attitude générale et l’objet de mon délit disparut sous la cape. Je souris donc à l’homme qui jeta un coup d’œil et acquiesça de satisfaction avant de se retourner face aux remparts. Ma réponse devait être la bonne, si j’avais montré un tant soit peu ma surprise j’aurais très bien pu y rester. Cependant je doutais qu’il fut possible pour une humaine de porter une partie de l’anatomie drow à la ceinture en guise de trophée.
Je n’eus pas vraiment le temps de répondre à toutes ces questions, quinze minutes plus tard nous étions lancés à l’assaut du palais dans un unique mouvement où se sentait toute la rage qu’éprouvaient les esclaves envers ces soldats qui ne faisaient qu’augmenter les pertes parmi les rangs des serviteurs des drows. Pour ma part ma rage avait une autre cible et l’homme qui se trouvait face à moi n’en doutait probablement pas un instant. Alors que nous déboulions dans l’espace qui séparait les bâtiments derrière lesquels nous étions à couvert et les murs un barrage d’artillerie fit voler en éclat bouclier et pierres et malgré les pertes énormes que subissait l’armée drow, les esclaves-soldats réussirent à passer par l brèche et à porter le combat à l’intérieur.
Les mercenaires se séparèrent dès leur entrée dans l’enceinte et je saisis ma chance au vol, je devançais le soldat qui m’avait parlé un peu plus tôt et tuais le drow le plus proche d’une rafale de mon arme. Le murmure du mécanisme se fit à peine entendre et le corps déchiqueté du drow commença à s’abattre au sol. D’un coup de pied je lui fauchais les jambes sur lesquelles il s’appuyait encore afin de le faire se retourner. La rafale devait provenir de l’intérieur et non de derrière, non ? Le soldat se porta à ma hauteur et me glissa un regard mi amusé, mi incrédule. Après tout je venais de faire en sorte que quiconque verrais le cadavre aurait l’impression que le drow s’était enfui lâchement. Ca compensait aisément l’absence de trophée pour celui là. Je me voyais mal m’arrêter au dessus du cadavre de quelqu’un de mon camp pour lui couper l’oreille gauche, ça n’aurait vraiment pas été malin.
Les soldats de l’EC s’étaient brusquement repliés dans un ordre parfait, comblant les trous que laissaient les morts. Ils provoquaient un véritable déluge de projectiles et d’énergie sur les pauvres esclaves qui étaient poussés en avant par les camarades qui les suivaient. J’agrippais l’homme qui m’avait avertit un peu plus tôt par le col et le jetai derrière un mur, le suivant de suffisamment près pour que la grêle nous passe au-dessus, tuant nos camarades et nous épargnant. Je savais parfaitement que ces hommes allaient manquer de nourriture et d’eau bien avant que les munitions ou les armes ne diminuent dans les stocks. Le palais servait d’arsenal à toute la garde de Terra après tout. Les drows avaient beau se servir d’esclaves, quand il n’y en a plus ils sont les suivants sur la liste des victimes et ce qu’il se passa ce jour là. Je maintins mon nouveau camarade au sol afin de l’empêcher de se faire tuer pour rien et attendis patiemment que Nexus m’informe du repli complet des troupes qui se trouvaient là.
Ca ne dura en tout que quelques minutes, mais qu’est-ce qu’elles furent longues.
-Des humains intelligents… c’est rare.
-Ne répond rien surtout, inclinons-nous.
Il avait certainement beaucoup plus d’expérience que moi, je m’inclinais donc de concert avec lui.
-On voit que vous êtes désolés de ne pas être mort avec vos frères…Ajouta un second. C’était pas bon du tout ça, non ?
Je lançais un regard en coin à mon voisin qui me répondit par un haussement d’épaule résigné. Ca pouvait également se passer ainsi semblait-il me dire alors que le drow préparais son arme. Je me faisais donc à l’idée de ne pas avoir l’occasion d’assembler un chapelet plus fournit. Ca devait se finir comme ça de toute manière, autant le faire avec panache. Je m’apprêtais donc à un dernier baroud d’insultes d’honneur lorsque je vis l’arme que le drow tenait tomber à mes pieds.
Je levai le regard à temps pour voir le corps désarticulé du drow être emmené par quelque chose. Les autres soldats elfes se déployèrent afin de découvrir ce qui était à l’origine de l’attaque et ils ne virent rien arriver, massacrés les uns après les autres par des vrilles (*2) qui sortaient du sol et les broyaient sur place. Une fois que tout fut finit, je me dirigeais vers l’un des plants et en caressais l’écorce devenue dure comme de la pierre. Une mort intéressante et presque trop silencieuse si l’on exceptait le cri du à l’anticipation de la douleur avant que les poumons ne soient irrémédiablement vidés de l’air qu’ils contenaient et que le corps et les organes ne soient pressés comme des oranges trop mures. J’eus alors l’occasion de récupérer mon quota d’oreilles, mais je m’abstins, prise d’un pressentiment. Je n’avais pas le droit, c’était les proies de quelqu’un d’autre et elles ne m’appartenaient pas. Ca n’aurait jamais du pouvoir m’arrêter, non jamais. Pourtant lorsque j’avais utilisé une des tiges des vrilles pour me hisser à la hauteur de la tête des cadavres, je sentis immédiatement que quelqu’un, quelque chose les revendiquait pleinement. Ce n’était pas juste des cadavres, c’étaient… je ne sais comment le décrire, mais le message était clair. Ce n’étaient pas les proies de n’importe qui, c’était la juste récompense de l’impératrice que j’allais usurper ainsi…
*2 : Pousse filiforme, en spirale avec laquelle la vigne et d’autres plantes grimpantes s’attachent aux corps (=je l’ai peut être pris un peu trop littéralement) qui sont près d’elles. |
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Katherine Talkesh Concierge

Inscrit le: 26 Avr 2004 Messages: 1935 Localisation: Prima / Feldyn, Ivée, Aön  |
Posté le: Jeu 27 Mai 2010, 14:54 Sujet du message: |
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Aurore VI
Je descendais de mon perchoir avec précaution, et sentais avec soulagement mes pieds reprendre contact avec le sol. Rien ne pouvait me garantir que notre Dame était toujours consciente de tout ce qu’il se passait ou si il ne s’agissait que de réflexes défensifs déployés par le talkesh’a du palais. Je ne comptais pas rester pour le découvrir c’était vraiment miser sa vie sur un coup de poker. C’était hors de question et je devais encore rassembler suffisamment de renseignements sur les armées drows en campagne pour pouvoir continuer ma chasse en toute impunité. Je fis donc signe à mon nouveau camarade de me suivre et je nous menais à l’extérieur du palais en passant par de petits passages annexes et des chemins de rondes désertés. Enfin nous atteignîmes le mur d’enceinte et la brèche qui y avait été creusée. Je trouvais le corps du drow que j’avais abattu et le dépouillais de ses oreilles. Hors de question de ne pas comptabiliser toutes les victimes.
-C’est très courageux de ta part.
-Hum ? Je me forçais à rester la plus concise possible, mais je me doutais un peu qu’il connaissait mon origine.
-Et bien oui, défier ainsi l’ordre et le rang ! J’avais pensé le faire, mais aucun humain ne peut vaincre un drow en duel. Ils sont trop retors et trop rapide pour ça. Personne d’autre qu’un drow ne peut se permettre un tel défit.
-Je n’ai pas vraiment l’air de suivre les règles cela dit. J’aurais probablement du oublier d’être cynique pour le coup.
-Et alors ? Ils ne les suivent pas non plus et je m’en veux de ne pas y avoir pensé plus tôt. Notre section à perdu une partie de son effectif avant même d’arriver sur cette maudite plante et je pense sincèrement que c’est pour le mieux ainsi.
-Vous n’avez pas été affectés à l’extérieur des campements donc.
-En effet, notre officier drow trouve ça insultant, pour notre part, ce qui nous importe est de survivre suffisamment longtemps pour pouvoir prétendre à une retraite honorable vers les centres de formation.
Ce n’était pas le genre d’avenir auquel rêvait chaque enfant de l’EC avant cette guerre. Maintenant, la plupart rêvaient probablement de ce qu’ils avaient perdu et pour les plus chanceux, certains étaient trop jeunes pour s’en souvenir ou le regretter. J’avais pu le lire en lui, il voulait me demander quelque chose et je n’attendais plus que la proposition. Je lui fis donc signe de continuer. Mon agacement avait du transparaître parce qu’il se racla la gorge avant de continuer.
-Tu es douée et tu n’as pas été éduquée sur un monde du CS. Ca se voit au premier coup d’œil et aux regards que tu portes aux elfes. Personne n’oserait dans nos rangs, c’est trop profondément ancré dans notre conditionnement de serviteurs des drows.
-Et pour réussir à suivre a pensée ?
-Je suis certain que notre officier trouvera plus d’une utilité à tes talents concernant ses semblables. Il verra en toi un outil qu’il pourra utiliser à loisir et il décidera de le garder sous la main. Voilà qui t’assurerais un peu de soutient politique. Tous les coups sont permis en politique drow, tant qu’aucune preuve directe ou témoin n’incrimine le coupable.
Je décidais de ne rien répondre. Il n’y avait aucune chance que tout ce passe aussi bien qu’il semblait vouloir le croire. De plus lui ou un autre pourrait très bien décider de se servir de moi comme d’une monnaie d’échange pour sa survie. Après tout il revenait d’un champ de bataille où des drows étaient morts. Leur officier drow pouvait également voir beaucoup plus de bénéfice à me livrer qu’à m’utiliser. Sans compter qu’il me fallait absolument garder mon indépendance, sans quoi la chasse serait définitivement terminée. Je lui fis signe avec mon arme, il pouvait prendre la tête. Comme quoi il était étrangement facile de se déplacer dans les rangs des armées du CS si on portait les marquages d’une maison drow, ce qui était le cas de mon nouveau camarade de route. Je le suivais donc d’assez près pour que tout le monde n’ait aucun doute sur notre appartenance commune, je ne voulais pas attirer l’attention alors que je me trouvais en plein milieu d’une armée qui s’apprêtait à repartir à l’assaut du palais.
Il y avait des drows parmi eux et je souris d’avance, connaissant le sors qui leur serait réservé à l’intérieur des murs. Il nous fallut encore deux heures pour atteindre le campement où était basée la section de mon compagnon provisoire et notre collaboration semblait également être arrivée à son terme. Un sourire que je n’aimais pas du tout avait fleurit sur le visage de l’esclave-soldat et je ne lui laissais pas le temps de profiter de sa nouvelle bonne humeur. Le sourire disparut dès qu’il sentit la pointe de mon poignard au creux de ses reins. Il savait qu’avec un coup porté à cet endroit il serait incapable de crier et de réagir. Par conséquent mort sans espoir de riposte. Je me glissais avec souplesse devant lui, nos corps uniquement séparés par les quelques plaques de mon armure. Nous devions avoir l’air de deux amants et ça m’allait très bien.
-Nos chemins se séparent ici soldat. Le sourire disparut, laissant place pour une fraction de seconde au choc. Je pouvais lire en lui comme dans les autres et il avait bel et bien planifié de me vendre. Je ne peux décemment prendre le risque de tenter, même le plus loyal des soldats de cette planète.
-Ma proposition…
-Je dois y réfléchir, mais il faut que je trouve un terrain neutre ou ton maître drow n’acceptera jamais de s’y rendre connaissant ma réputation. Jusque là, il me sera impossible de me livrer pied et poing lié entre les mains d’un drow qui n’hésitera pas une seconde à me vendre ou m’utiliser à ses propres fins.
-Ils le feront quoi qu’il advienne, non ?
-Je ne tue pas des drows uniquement pour le plaisir que me procurent leurs souffrances, je les tue parce que c’est ce que j’ai décidé de faire. Perdre ce libre arbitre revient à me perdre moi-même alors que je fais tout ça pour conserver mon indépendance.
Si je le laissais ainsi il allait finir embroché au bout d’une pique pour l’exemple, pour avoir déserté un champ de bataille où il n’aurait jamais du se trouver. Je pris un des colliers portant un médaillon gravé du talkesh’a de ma main libre, puis fouillais une poche de la cape thermique pour y découvrir ce que je cherchais. Je fis ensuite lentement remonter ma main le long de son corps jusqu’à arriver à la base de on cou où il repris enfin contenance et attrapa d’un geste vif mon poignet.
-Prend ça, tu pourras très certainement l’utiliser pour racheter ta vie. Il te suffit de dire que tu pourrais devenir son messager auprès de moi. Enfin, tu choisiras certainement de bien meilleurs mots pour plaider ta cause, j’en suis certaine.
Il ne dit rien et se contenta de me regarder comme si je venais de lui annoncer sa propre condamnation à mort. Ce n’était pas faut en quelque sorte, même si je n’étais qu’indirectement responsable. Je me redressais et quittais ma posture de combat afin de m’approcher un peu plus de lui et l’embrasser.
-Pour la chance !
Lui lançais-je en m’éloignant. Je le vis encore sourire avant qu’on ne parte chacun dans une direction différente. Je venais de lui donner un défit mortel, mais des plus intéressant qui changerait par bien des aspects sa vie actuelle. D’un autre côté, il pouvait très bien vivre ou mourir ça n’allait pas changer la vision que j’avais de ma chasse ou mes intentions sur le long terme. J’allais également très certainement rester sur Terra pour une petite éternité. Suivant les indications de Nexus, je trouvais une entrée pour les tunnels non loin de là et du batailler ferme pour réussir à me glisser entre les gravas et les éboulis afin d’atteindre enfin un passage plus praticable. Pour la suite, je me laissais guider par les systèmes de mon armure et Nexus afin de trouver un chemin qui m’amènerait jusqu’aux abords de la tour hydroponique sud. Je voulais profiter pour une fois d’une bonne nuit de sommeil avant de reprendre la chasse.
Il y avait beaucoup de gibier et mon appât résistait encore. L’immense mégalopole désertée par les civiles deviendra alors uniquement une très bonne cachette avec peu de cibles. La cité n’allait probablement plus être utilisée par les drows ensuite, la quasi-totalité des bâtiments en surface s’étant transformés en puzzle pour mégalomanes désaxés. La nature avait d’ailleurs déjà repris en partie ses droits sur les constructions et il n’était pas rare de voir le béton phagocyté par une quelconque plante grimpante.
Les drows ne sortant que de nuit de préférence, je devais absolument être fraîche et dispose lorsque viendrait le moment de chasser cette nuit. J’avais un nouveau but de rentabilité à présent et le chef de mon nouvel « allié » au sein des forces du CS devait absolument croire qu’il pourrait m’utiliser à ses propres fins. Je devais avoir la possibilité d’obtenir des informations tout en gardant mon objectif en vue. Je comptais bien prendre deux ou trois heures de repos avant de retourner en chasse et c’est avec cette idée en tête que je bifurquais en direction du palais. Une demi-heure plus tard j’étais couchée à même le sol, enveloppée par les replis de la cape thermique. Nexus me réveillera quand le moment sera venu… |
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Katherine Talkesh Concierge

Inscrit le: 26 Avr 2004 Messages: 1935 Localisation: Prima / Feldyn, Ivée, Aön  |
Posté le: Mar 01 Juin 2010, 23:39 Sujet du message: |
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Loyauté IV
Le voyage ne dura qu'un clignement de paupière comme d'habitude. Le navigateur qui avait fusionné avec le noyau I.A. indiquait au pilote avec qui il était apparié où et quand il pourrait utiliser un des nombreux ponts qui reliaient les systèmes et planètes entre elles. C'était bien plus rapide que l'hyperpropulsion, mais des navigateurs il n'y en avait pas des masses et aucun qui n'eut pu faire se déplacer un navire plus grand qu'un destroyer. On était loin de la masse que représentaient les navires bâtit autour d'ossatures.
Verdan et Du'shae avaient déjà été évacuées et la flotte Nexus reconfigurée avait déjà accueillit tous les réfugiés qui en avaient fait la demande. Dans la limite des capacités des systèmes de soutient vie modifiés. Le messager s’amarra dans la baie d’un croiseur, le pilote m’emmena auprès de ma famille dès que le navire fut pris en charge par une équipe de maintenance et qu’il eut échangé quelques mots avec son navigateur. Pilotes et navigateurs évoluaient par paires et ne pouvaient jamais rompre le lien qui les unifiait. Le Navi pouvait certes donner toute l’intimité que le pilote désirait, mais ils étaient inexorablement liés dans la vie ou la mort. Une fois que le pilote m’eut montré la porte des quartiers de ma famille, il repartit en sens inverse et je me doutais bien qu’il passerait le reste du voyage dans son coqpite aussi près que possible de son Navi. Pour ma part ça m’était égal et j’étais ravi de pouvoir enfin revoir ma femme et mes enfants en chaires et en os.
Passer la porte fut le plus difficile, je ne savais pas comment ils avaient pris l’annonce de l’évacuation et encore moins celle plus irrévocable de l’exode. Pour les enfants, ça ne serait pas si difficile que ça, ils n’avaient ni connu la dernière guerre ni l’opulence d’avant la seconde guerre chaotique. Ils ne pouvaient imaginer les sacrifices qui avaient été consentit afin de réunifier E6 et de mettre sur pied la zone franche que les FSU devaient défendre. Tout était perdu maintenant, définitivement et le renouveau de l’Empire de Cristal n’aura jamais été complet malgré le sang versé.
-Capitaine, nous savons que vous êtes désolé de ne pouvoir donner mieux à la famille du premier conseillé, mais nous ne méritons pas plus que tous les autres réfugiés. Dit ma femme sans lever les yeux de la tâche qu’elle accomplissait.
-Tu as l’air très occupée…
Elle ne me laissa jamais le temps de finir ce que j’allais dire. Elle s’était retournée aux premiers mots, avait eut l’air étonnée une seconde avant que son visage ne s’illumine et qu’elle ne se jette dans mes bras. Elle n’espérait évidemment plus me revoir et pensait probablement à juste titre que j’allais rester auprès de l’impératrice jusqu’à la toute fin. A ce moment je n’avais aucun doute sur ce que j’aurais fait si elle ne m’avait pas ordonné de rejoindre ce convoi. Ca n’avait plus la moindre importance et jamais je ne verrais la chute inévitable de l’impératrice de Terra. Elle ne pourra jamais quitter le monde capitale de l’EC, jamais entièrement.
C’est avec cette certitude que j’accueillis la nouvelle de la chute de Terra et de la résistance héroïque qui avait été menée à sa surface avant l’inévitable défaite. La surprise vînt plutôt un cycle plus tard avec la transmission d’image provenant de Terra montrant Séléné vaporisée dans une explosion cataclysmique et le continent principal quasiment disloqué. Après ces événements le général Hallor pris le commandement exclusif de la flotte et demanda à chaque groupe de rejoindre un des points de rendez-vous. Quelques cycles plus tard la catastrophe apparut dans toute son ampleur, les trois-quarts de la flotte civile avaient été annihilés ou perdus. Notre petit groupe attendit de nombreux cycles la venue des groupes d’Erridan et de Diréa. Jamais ils n’arrivèrent à destination et nous doutâmes tous qu’ils aient pu ne serait-ce que quitter l’orbite de ces deux mondes.
Notre peuple autrefois unit par une vision et un rêve que nous inspiraient l’impératrice Katherine n’avait maintenant plus de guide et presque plus de protecteurs, les soldats et la flotte défensive s’étant chargés de retenir le plus longtemps possible les troupes et navires du CS pour permettre la fuite des navires civiles. Dans un sens s’était un succès, dans un autre les pertes restaient de toute manières cruelles et irremplaçables. Les flotte s’unifièrent sous le blason de Cirik Hallor parce qu’il possédait les codes de commande du Rédempteur et par conséquent un pouvoir directement transmit par l’impératrice. Mais s’il inspirait le respect de part ses actions et sa gestion du conflit, il n’était pas un symbole, il était un guerrier, le général talentueux qui avait repris Terra ne serait-ce que durant un ou deux cycles. Il signifiait certes beaucoup, représentait la dignité de notre peuple, mais était surtout le symbole d’une lente et inévitable chute, d’un échec cuisant et d’une humiliation. Il ne pourra jamais permettre aux habitants de la flotte nomade de retrouver ce dont ils avaient le plus besoin : de l’espoir. |
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Katherine Talkesh Concierge

Inscrit le: 26 Avr 2004 Messages: 1935 Localisation: Prima / Feldyn, Ivée, Aön  |
Posté le: Mer 02 Juin 2010, 13:47 Sujet du message: |
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Loyauté V
En attendant, le peuple en exode avait besoin d’un but commun afin de rester unit. De nombreux navires avaient décidé de rejoindre un monde libre et de s’y installer. Il était temps de juguler ces disparitions. Katherine m’avait permis de retrouver les miens et je pouvais me montrer un minimum reconnaissant envers son geste. Je commençais donc à réunir les navires survivants, vingt cycles d’efforts continus afin de reformer la flotte nomade, à rassurer les commandants, à organiser les transferts de pièces de rechange et la gestion des ressources disponibles. Ca ne me changeait pas beaucoup de mon travail précédent si ce n’était que le moindre retard pouvait causer des morts avec une certitude frisant l’absolu.
Les difficultés étaient nombreuses, allant des simples soucis de cohabitation classique à des pannes matériels sévères concernant des systèmes que nous ne pouvions nous permettre de perdre. Les commandants m’appuyaient en me fournissant les connaissances pratiques que je ne possédais pas en ce qui concernait l’entretient des navires et en fin de compte une routine s’installa peu à peu. La flotte nomade était née des constants sacrifices et des efforts que tous consentirent à faire. Les exilés avaient besoin d’un but commun et assurer leur propre survie à long terme m’avait aidé à le comprendre. Sans un but la flotte nomade n’aurait jamais vu le jour et en fait ils attendaient tous le retour de leur impératrice, ils rêvaient tous du jour où ils pourraient reprendre une voie qui ne serait pas dictée par leur seul désire de survie. Je ne pouvais leur offrir ça, pas plus que Cirik Hallor ne l’aurait pu, ils voulaient un futur et ils me suivaient parce que j’étais à même de les guider pour en construire la base. On ne peut effacer deux-cent-cinquante cycles de dévouement si aisément et ils attendaient tous le retour de la maîtresse des talkesh’a, de leur guide spirituel.
Si seulement ils pouvaient la considérer que comme une personne simple avec ses problèmes et ses soucis, ils auraient compris pourquoi nous ne la reverrions probablement jamais. Pour ma part j’étais déjà bien heureux d’arriver à maintenir la flotte unie et en fonction. Les survivants avaient eut beaucoup de chance d’avoir eu une impératrice qui savait s’entourer de subordonnés très compétents, sans quoi il n’y aurait jamais eut d’exode, jamais eut de flotte nomade, jamais eut de résistance pour gagner un maximum de temps. Il n’y aurait eut qu’une fuite sans fin et probablement l’anarchie et la dislocation.
En ce cycle 300 j’allais enfin pouvoir établir une connexion avec le Rédempteur et notre commandant suprême du moment. J’étais impatient de pouvoir avoir des nouvelles fraîches quand à ce qu’il s’était vraiment passé sur Terra et la raison de la destruction du continent principal. Il était tout de même probable que le continent ait été bombardé depuis l’orbite pour mettre fin à la résistance, j’en doutait tout de même…
Devoir VI
J’avais enfin obtenu un nouveau symbole au fond de l’écran de contrôle désormais quasiment vide qui me servais d’interface de commande. J’avais regardé les icônes disparaître les unes après les autres. Des ordres de tir, quelques ordres de mouvements et en fin de compte la disparition d’alliés dans des conditions inconnues. Les options à ma disposition avaient peu à peu été réduites à peau de chagrin et les derniers navires endommagés dont j’avais ordonné la retraite avaient finalement été rattrapés et étaient sur le point d’être anéantis. Les derniers navires allaient bien sur se défendre, mais c’était beaucoup plus pour la forme qu’autre chose.
Au moins ce nouveau contact me permettra peut être de recevoir de bonnes nouvelles pour changer. En ce qui concernait les forces spatiales de l’EC, elles n’existaient plus… J’ouvrais le nouveau canal de communication et rien ne s’afficha à part un rapport des dégâts subits et de la situation instable du cœur au moment de l’envoi. Le navire avait été perdu. Rien de nouveau sous ces cieux peu cléments, j’attendais évidemment bien plus du rapport du navire éclaireur, mais il avait sauté en plain milieu d’une anomalie et n’avait pu s’en échapper. Les navigateurs avaient peu à peu perdu toute notion de l’espace qui les entourait et avaient perdu leur goût pour l’espace qui les environnait. Depuis qu’ils avaient perdu le contact avec la Première Talkesh et les talkesh’a ils s’étaient peu à peu repliés sur eux même et les rapports de perte ou de destruction concernant les quelques Messagers qui se trouvaient à bord du Rédempteur s’étaient succédés jusqu’à cet ultime message qui m’informait de la perte des sept appareils qui étaient à ma disposition.
Un des pilotes avait tout de même réussit à être récupéré, il s’était fait éjecté de son chasseur par le navigateur qui sentait sa propre fin arriver. L’homme avait pu être récupéré et c’est ainsi que j’avais pu prévoir la perte quasi certaine de tous les navigateurs que nous avions réveillés dans le but de partir à la recherche de Katherine. C’était un échec cuisant et avec le cycle 300 qui pointait son museau, voilà 22 cycles que personne n’avait revu l’impératrice en vie. La majorité des navires qui avaient fuit étaient maintenant isolés et incapable d’agir. Ce n’était guère étonnant après tout, l’exode s’était fait dans la plus grande précipitation et nombre de navires n’eurent la chance de s’enfuir, interceptés par les forces du CS.
Lorsqu’une heure plus tard s’afficha un autre témoin d’appelle, je l’ignorais presque totalement, me contentant de lire l’id et le nom du navire qui l’avait expédié. Que ne fut ma surprise lorsque je pris enfin conscience qu’il s’agissait d’un des navires qui avait fui les dieux seuls savent où. J’ouvrais le canal, m’attendant à voir un commandant désespéré qui demanderais de l’aide et à la place un visage calme s’afficha, se présenta et salua avant de me dire qu’il allait me passer le premier conseiller de l’impératrice. Je pensais qu’il n’avait pas survécu, mais lorsque la silhouette de Vysh’ta fut projetée en face de moi je n’eus plus le moindre doute. Il avait survécu et au moins l’un des navires qui avait pris la fuite avec des exilés à son bord avait survécu. Première bonne nouvelle en somme.
Il s’inclina et me salua. Je fis de même en retour après m’être levé précipitamment. Ca faisait vraiment longtemps. Il me demanda des nouvelles et je lui exposais les raisons de ma présence sur le Rédempteur et les actions qui m’avaient amené à ce poste. Il fut surpris d’apprendre que c’était l’impératrice elle-même qui avait disloqué le continent principal de Terra et par extension détruit la cité de Séléné. Je lui appris également qu’elle n’avait pas emprunté le transporteur de masse à notre suite et que personne ne savait où elle se trouvait à présent. Il m’informa ensuite de la situation de la petite flotte qu’il avait réussit à rassembler et il pu lire la même consternation que la sienne lorsque je pu prendre la mesure des pertes subies. Il m’interrompit alors que je lui transmettais des coordonnées de rendez-vous :
-Nous avons des navires qui s’approchent de notre position, je vous recontacterais une fois que nous aurons identifiés les nouveaux venus…
-Au plaisir conseiller.
Après quoi il coupa net la transmission. Je n’avais plus qu’à attendre de ses nouvelles. |
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Katherine Talkesh Concierge

Inscrit le: 26 Avr 2004 Messages: 1935 Localisation: Prima / Feldyn, Ivée, Aön  |
Posté le: Ven 04 Juin 2010, 12:58 Sujet du message: |
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Aurore VII
Je me réveillais suite à l’appelle de Nexus et me levais afin de faire disparaître la torpeur de mes membres inférieurs martyrisés par le temps passé immobile sur le béton. La cape isolante avait au moins eut le mérite de me protéger du sol froid. Je me concentrais sur ce qui allait forcément suivre alors que j’effectuais quelques exercices d’assouplissement pour échauffer mes articulations. J’aurais fort à faire quelques instants plus tard, aucun doute possible là-dessus.
Je vérifiais l’état de mon arme et lançais un diagnostique sur les systèmes de mon armure. Rien à signaler et encore une fois je diminuais l’influence d’un hasard malheureux sur ma destinée pour les quelques heures à venir. Remonter à la surface ne me posa pas beaucoup de problèmes et ne pas me faire remarquer fut encore plus facile vu le chaos qui régnait encore une fois aux abords directs du palais. La nuit était tombée, mais de mon point d’observation j’eus l’amer constatation que pas un seul drow n’était de sortie au clair des lunes ce soir là. Bah, en fait ca ne rendais la chasse qu’un peu plus intéressante.
Je me mis donc à parcourir la ville en hauteur, observant le déploiement des troupes du CS, cherchant des cibles potentielles. Abattre des esclaves pouvait certainement faciliter la tâche des défenseurs du palais, mais il y en avait tellement que même un petit dépôt de munition ne suffirait pas à fournir les munitions qui me seraient nécessaire pour les tuer tous en admettant que je sois capable de tous les tuer d’une seule balle. Ce n’était ni mon but, ni mon objectif. Les esclaves resteront des esclaves tant qu’ils n’auront pas vu par eux-mêmes qu’ils peuvent et veulent être bien plus. D’ici là, ni moi ni quiconque ne pouvions faire grand chose contre cette marée d’êtres vivants. Etres vivants qui n’ont le nom d’être que comme sacrifice au nom des drows. Je les plaignais, mais ce n’était pas important face à ma chasse. C’était ma décision, c’était la fin que j’avais choisie et rien n’aurait pu me détourner de cet objectif pour le moins suicidaire.
Après une demi-heure de voltiges diverses entre les bâtiments, il me vînt à l’idée que je ne pouvais plus décemment me décrire comme une menace moi-même et que par conséquent les drows devaient avoir oublié le petit incident qui avait impliqué six des leurs deux jours plus tôt. Ils avaient perdus de très nombreux soldats et frères dans les murs du palais, écrasé par les vrilles d’une plante. Ils avaient d’autres chats à fouetter, j’en étais certaine. Cela dit, j’aurais mieux fait de me concentrer sur mon parcours à cet instant, ça m’aurait probablement évité de sauter à l’aveugle sur la foi d’une carte qui datait d’avant le bombardement de la cité. Je ne remarquai l’avertissement que bien trop tard et sautait pour ne rencontrer que le vide, le bâtiment que je visais n’était pas à trois étages au-dessous, mais bien à une dizaine à présent, les étages supérieurs ayant été très probablement soufflés par une explosion.
Ça ne rata pas, je m’abattis au beau milieu du dernier étage plus ou moins intact et en défonçais la dalle. Ma chute ne s’arrêta que trois étages plus bas et les échos des chocs successifs se propageaient dans le quartier quasi silencieux. A peine eux-je le temps de me remettre du choc que Nexus m’annonçait la venue prochaine de plusieurs patrouilles de l’ennemi. Pendant ma remontée je me remémorais quelques mots que m’avait dit Katherine le jour de notre rencontre.
« Un esprit qui n’est pas au moins aussi aiguisé que la lame qu’il brandit n’est rien » ? Ma parole, elle avait raison la garce !
A peine arrivée en haut, sur le pseudo toit, Nexus m’annonça que les patrouilles arrivaient dans ma partie de la ville et que le navigateur de Terra avait dénombré une trentaine de soldats. C’était ennuyeux certes…
-Ne te fatigue pas Nexus, ils sont déjà là…
Je les sentais qui m’entouraient, au moins six elfes, invisibles, qui attendaient l’occasion de me tuer. Je pouvais presque gouter à leur désire de meurtre. Certain de sa victoire, l’un d’entre eux s’élança vers moi. Je relevais à moitié mon fusil de la main droite et le sentais qui se délectait d’avance de sa victoire facile. Je le voyais comme en plein jour et ma main gantée n’eut aucun mal à le frapper sous le sternum. La force déployable par les servomoteurs était effrayante et l’elfe s’en rendit compte lorsque son cœur se retrouva arraché et niché au creux de ma paume. Le cœur tomba au sol alors que ma main gauche venait se placer au dessus du fusil afin d’en stabiliser la trajectoire de tir. La rafale totalement silencieuse déchiqueta le second drow, probablement impatient d’achever son frère victorieux d’une dague plantée dans le dos. Les seuls indices de mon action étaient le cadavre désarticulé du drow et le bruit des douilles qui heurtaient le sol. Je voyais l’objectif, mais il aurait mieux fait de ne pas suivre l’exemple de son camarade et d’être plus prudent dans son entreprise. On pouvait dire ce que l’on voulait sur les drows, mais stupides, ça ne pouvait pas faire partie de leurs qualificatifs. Après que le second cadavre eut touché le sol les quatre autres présences que je sentais disparurent. Je n’avais plus aucun moyen de les localiser et j’étais vraiment dans une belle merde. Je vidais le reste de mon chargeur sur l’ancienne position d’un des drows et la maçonnerie vola en éclat en même temps qu’une gerbe blanche sur mon capteur infrarouge. L’elfe avait perdu une jambe et faisait tout son possible pour limiter l’hémorragie.
Mon chargeur vide heurta le sol au moment où les trois autres passèrent à l’attaque. Je ne les avis remarqué que lorsqu’ils avaient été à moins de deux mètre de moi à amorcer leur attaque. Rapides les bougres… Dans un combat à distance ils n’auraient jamais pu faire le poids, mais leurs lames n’eurent aucun mal à trouver les points faibles de mon armure et à s’y glisser. La mêlée ne dura pas une seconde. Tout s’était joué sur une seule attaque et une seule riposte. L’un des drows n’avait fait que déchirer la cape et avait récolté un poignard drow implanté dans sa poitrine, le second avait eut plus de chance et si j’avais pu parer son épée, sa dague s’était enfoncée dans mon bras et ma botte l’avait envoyé s’embrocher sur l’armature métallique d’un mur de béton armé. Le troisième était encore dans mon angle mort et avait eut le champ libre, je voyais clairement la lame de son épée qui dépassait du plastron de mon armure. Je tombais à genoux alors qu’il essayait de retirer son arme de ma poitrine. Dans mon malheur j’avais eu beaucoup de chance, les systèmes de soutient vie avaient colmatés la brèche et empêchaient le drow de récupérer son arme. Il s’apprêtait à tirer sa dague lorsque le canon de mon arme de poing s’aligna sur sa tête et que la déflagration sonore accompagna le panache de cervelle chaude qui alla s’étaler sur le mur derrière nous. C’était la merde…
- ‘Chier !
Mon grognement se répandit à travers la nuit et je devais très vite trouver une échappatoire à moins de vouloir devenir très rapidement le sujet d’amusements malsains. Je n’eus rapidement plus aucune idée de ce que je faisais, je bougeais de manière automatique avec force halètements alors que le poison de la dague commençait à faire effet. J’avais quelques flashs de conscience et je me voyais en train de traverser la cité, tantôt en hauteur, tantôt dans les sous-sols. Je ne sais pas combien de temps me demanda mon retour jusqu’à la tour hydroponique sud, tout ce que je savais, c’étais que mon butin était proprement hallucinant. Trois épées, une dague et quelques couteaux en plus de deux cœurs et des oreilles, toutes les oreilles…
Il y avait les objets, mais également la certitude que j’allais très probablement y rester, le poison drow remplissant son office lentement mais surement. Je me traînais jusqu’à ma couche improvisée avant de m’appuyer contre le mur et de contempler l’est de la cité ravagée. Je levais mon chapelet et en comptais les trophées. Il y en avait quinze… Mon bras retomba inerte le long de mon flanc et je contemplais le levé de soleil qui léchait les ruines d’une douce chaleur. Je ne remarquais pas l’ombre qui s’était peu à peu rapprochée de moi et je me laissais emporter par la fatigue qui s’était emparée de moi. |
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Katherine Talkesh Concierge

Inscrit le: 26 Avr 2004 Messages: 1935 Localisation: Prima / Feldyn, Ivée, Aön  |
Posté le: Mar 15 Juin 2010, 16:35 Sujet du message: |
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NdlA: Petite information concernant les textes qui vont suivre. D'une décision parfaitement unilatérale, ils seront publiés tous rassemblés dans un même post. Les conclusions de chacuns des chapitre formeront ainsi la conclusion du conflit débile que je suis amené à livrer en ce moment pour le plus grand plaisir de mes opposants ^^
Alors il ne faudra pas vous attendre à autre chose que des morts logiquement. Enfin, sait-on jamais.
Au plaisir. |
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Katherine Talkesh Concierge

Inscrit le: 26 Avr 2004 Messages: 1935 Localisation: Prima / Feldyn, Ivée, Aön  |
Posté le: Dim 29 Aoû 2010, 19:33 Sujet du message: |
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Aurore VIII
-Nexus a reçu le message. Maintenant ! Fais-le !
C’était quoi déjà ? Une sorte de dégoût-refus qui envahit l’espace avant que la volonté d’exécuter l’ordre donné ne surplombe tout autre refus. L’esprit était primitif mais ne voulais en aucun cas décevoir la voix qui lui donnait ses instructions. J’éclatais de rire, les délires que provoquaient le poison et la douleur étaient des plus rafraîchissants. Il y eut une série de déclic et l’air eut prise sur mon corps presque nu. J’avais très froid à cause de la fièvre qui me rongeait et je savais que j’étais au bord du gouffre. Il n’y aurait pas d’échappatoire cette fois, l’obscurité et la chaleur qui m’enveloppa d’un coup sembla me donner raison. J’eus encore quelques sursauts de conscience durant lesquels la voix posait quelques questions à la créature de laquelle émanait une impatience-négation qui m’enveloppait. C’était étrange, mais au moins je n’avais plus froid et les muscles de mes membres paralysés me faisaient beaucoup moins souffrir. Une torpeur agréable s’emparait de moi et je me laissais emporter par les bruissements du vent dans la végétation qui s’était développée sur la tour sud. Mes délires furent bien vite remplacés par des rêves tout aussi étranges et je savais pertinemment que je n’allais pas voir le jour se lever le lendemain.
En fait pas de doute, je n savais comment je le savais, mais j’avais passé trois jours à sauter d’un rêve à un autre. Le plus étrange était le contenu de ces visions, c’était trop réel, trop intense pour n’être que de simples rêves. C’était comme vivre, j’avais sentis le vent chaud amené par les explosions et les combats, sentis la poudre dans l’air et pourtant ma tâche avait consisté à tisser le plus doux et le plus confortable des abris… Allez savoir à quoi ça rimait, moi, j’en avais pas la moindre idée. Lorsque j’ouvris enfin les yeux je sus que je ne rêvais plus, mes mouvements étaient limités par une étrange paroi et je ne voyais rien. Je crus un instant que j’étais devenue aveugle, mais je me rendis rapidement compte que ça devait principalement tenir à la prison dans laquelle je me trouvais. Je me mis donc à l’ouvrage et déchirais l’épais tissu. Il me fallut bien une dizaine de minutes avant d’en arriver enfin à bout et de sentir la douce caresse du foehn typique du continent principal en cette saison. Je ne voyais pas grand-chose de plus, mais je ne trouvais pas grand-chose d’anormal à cela vu qu’il n’y avait plus de lumière en ville depuis l’invasion. J’attendais donc une minute ainsi, laissant promener mon regard sur un horizon inexistant. Il y avait peu de probabilité que ce fusse une nuit sans lune, ça restait plausible cela dit.
Mais après des minutes, qui me semblèrent des heures, je dus me rendre à l’évidence. Il ne me manquait plus qu’une preuve et je serais alors fixée sur le sors de mes yeux. Il était encore probable qu’ils aient été endommagés par le poison et que donc j’ai perdu une partie de mon acuité visuelle et donc la possibilité de voir de nuit, mais rien que la visière de mon casque ne pouvait compenser… Je m’extrayais donc de l’espèce de cocon dans lequel je m’étais réveillée et longeais prudemment le mur à la recherche de la porte qui menait au couloir principal et aux cages d’ascenseur auprès desquelles se trouvaient les bâtonnets phosphorescents grâce auxquels je pourrais me rendre compte de l’ampleur de dégâts. Il me fallut plusieurs minutes d’angoisse avant de tomber enfin sur le petit tas d’objets tant convoité. J’en saisis un d’une main fébrile et brisais le tube intérieur avec un soupir de soulagement. Rien ne se produisit cependant, pas de lumière, pas de lueur, même pas une petite impression de luminosité. Pourtant dans le noir complet, la lumière vive du bâtonnet aurait du se marquer nettement du décor.
Mon problème était donc encore plus grave que ce que j’avais envisagé jusque là et je revenais dans mon perchoir avant de sentir à nouveau le vent caresser ma peau. Mais il y avait plus, une brûlure que je ne connaissais que trop bien, celle du rayonnement solaire de l’étoile de Terra. C’était tout à fait caractéristique et j’aurais pu en reconnaître l’intensité même après des années d’exile, tout comme seule la gravité de Terra avait grâce à mes sens. Je voulus crier ma détresse, mais seul un gémissement passa ma gorge soudainement secouée de sanglots incontrôlables. Alors que mes genoux heurtaient le sol l’évidence se fit un chemin dans mon esprit et frappa mon âme de plein fouet : j’étais aveugle. Si ça n’aurait pas été si grave que ça quelques cycles plus tôt c’était on ne peut plus problématique avec la situation actuelle, car quel aveugle aurait ne serait-ce qu’une petite chance de survie dans une ville constituée de décombres et en proie à des combats et une purge systématique de tout ce qui n’est pas estampillé du CS ?
C’était évident, ma seule chance résidait au sein du palais de Séléné, là bas je pourrais recevoir les soins et l’aide qui m’étais tout à coup devenue nécessaire. Après tout, si je restais ainsi sur mon perchoir je pouvais au mieux espérer survivre un jour ou deux avant que la soif ne vienne à bout de moi. Je me mis donc en quête de mon armure, la réintégrer pouvait m’assurer quelques jours de répit et le contact avec une aide externe. Nexus serait à même de me guider jusqu’au palais en me servant d’yeux de substitution et le réservoir d’eau de l’exo allait me permettre de tenir une semaine en complète autarcie. Je l’avais remplis avant de partir en chasse quelques jours plus tôt et il ne devait pas avoir été endommagé durant le combat, je n’en avais pas souvenir en tout cas. Je me mis donc prudemment à la recherche de mon armure, je devais faire preuve de la plus extrême prudence si je ne voulais pas me retrouver bien plus qu’aveugle deux-cents mètres plus bas. Lorsqu’enfin je remis la main dessus, je me tournais sur le dos et profitais quelques minutes de la caresse du soleil sur mes membres et mon visage. La situation aurait pu être plus avantageuse, mais j’avais au moins survécu au poison. C’était une énigme, mais je n’allais pas me plaindre d’avoir survécu à présent. Après ce moment de détente, je m’installais dans l’armure qui se referma sur moi.
Lorsque les systèmes furent totalement activés et le diagnostique terminé, Nexus s’annonça enfin. J’en pleurais presque de joie tellement le soulagement de l’entendre me parler était intense. Je lui exposais donc brièvement mon état une fois qu’elle se fut déclarée soulagée par ma survie. Lorsqu’elle exposa les options qui s’offraient à moi, je n’eus que la confirmation de ce que je savais être mon unique chance de survie. Il fallait que je me rende au palais le plus rapidement possible.
-N’oublie pas, il y aura très probablement des patrouilles le long des murs et il faudra que tu fasses confiance aux servomécanismes de ton armure si tu compte réussir à entrer dans le palais sans te faire transformer en passoire. Tu pourrais le faire avec facilité si tu n’étais pas aveugle cela dit…
-Mais quelle cruche ! J’aurais du payer ma facture d’électricité de ce mois si je ne voulais pas qu’on me coupe la lumière…
-Au moins ça ne te touche pas trop profondément. On a donc une chance de te faire atteindre nos « lignes ».
-Nexus… commence à me guider je te prie. Je dois encore parcourir plus de 4 kilomètres en territoire ennemi au travers d’un parcours des plus accidenté avec pour seul guide la voix désincarnée d’une personne se trouvant à plusieurs milliers d’années lumière d’ici. Autant m’y mettre le plus rapidement histoire que je ne meure pas de soif avant d’y être…
-L’impératrice avait un agent non loin de ta position lorsqu’elle m’a fait parvenir l’ordre de provoquer l’ouverture d’urgence de ta combinaison. J’ai perdu toute source d’information directe sur Terra et je n’ai donc pas pu déterminer de qui il s’agissait.
-Des informations utiles ?
-J’ai profité de mon lien avec le Nav de Séléné pour lui demander un accès aux archives. Vu la crise actuelle il n’a pas fait opposition très longtemps.
-Oui, le gardien des archives de la lignée Talkesh ne permettrait pas que ces dernières disparaissent sans en transmettre une partie ou la totalité à d’autres agents de l’EC.
-En fait, il n’a envoyé que des bribes à chacun d’entre nous. J’ai juste eut le privilège de pouvoir consulter quelques ouvrages à volonté. Le Nav de Terra n’est pas stupide, il a maximisé les chances de survie de l’information en affrétant une partie de la bibliothèque à chacun d’entre nous, il n’avait juste pas prévu de me faire participer à cette opération et m’a donc ouvert l’accès. J’y ai déniché quelques ouvrages qui décrivaient exhaustivement les méandres de la culture drow. C’est très riche en enseignements, mais ça ne te servira plus vraiment à présent…
-Certes, en tout cas si on n’arrange pas ma vue…
-Non, tu ne récupéreras jamais à 100% et tu sais pertinemment que le moindre handicape face aux drows te sera fatal. Le dernier combat l’a démontré.
-Dis-moi où je me trouve plutôt…
-Tu viens de sortir de ta cache et tu te dirige vers la cage d’ascenseur. Encore quelques mètres… et voilà ! C’est à ta gauche.
Je me glissais donc jusqu’au bord avant de me laisser tomber le long du mur et de poser mon pied sur le premier échelon de l’échelle de secours. Hors de question de me risquer à faire du rappelle dans ma condition. J’entamais donc la très longue descente qui allait m’amener au niveau du deuxième sous-sol et aux tunnels de maintenance. Un échelon après l’autre je descendais le long de l’interminable conduit qui était la première étape de mon voyage. Je sentais le canon du fusil qui heurtait à chaque mouvement le haut de ma cuisse et je me laissais bercer par le son de la machinerie impressionnante qui rendait le tas de métal de mon armure presque aussi vivant que moi. Les plates et les servomécanismes rendaient une impression de puissance qui me rassurait en cet instant sombre de ma carrière de chasseuse. Encore un chapitre qui allait être définitivement derrière moi, c’en était finit des meurtres et de la vengeance, finit des courses sur les toits et du merveilleux spectacle de la ville détruite sous les rayons des lunes. Je saisis l’échelon suivant à tâtons et lançais ma jambe vers le suivant. Lorsque je le trouvais, je transférais mon poids dessus et m’apprêtais à faire descendre l’autre pied vers l’échelon suivant lorsque le métal de mon seul appui s’arracha du mur, m’entraînant avec lui dans sa chute vers le fond du puis.
Mes mains restèrent fermement accrochées à leur échelon, mais la faiblesse structurelle du mur était étendue et le choc combiné au poids de l’armure les fit se desceller. Je me sentis partir en arrière et mes mains cherchèrent désespéramment de quoi me retenir. Je ne pus qu’assister impuissante à la chute mortelle qui allait forcément suivre, je ne pouvais espérer pouvoir saisir une prise u vol ans pouvoir la voir auparavant et il était illusoire de compter sur une chance insolente à cet instant. Rien ne pu empêcher ma chute et je tombais à présent le long du conduit, estimant le temps qu’il me restait avant que mes os et mes organes ne soient broyés par le choc. Je finis immanquablement par heurter un mur et diverses structures qui encombraient le puis et je ne sus bientôt plus où se trouvait ma gauche de ma droite alors que j’entamais une vrille incontrôlable. Lorsque je fus stoppée net je m’imaginais pantin désarticulé sur les décombre du fond et bizarrement aucune douleur ne m’envahit. J’attendis donc ma mort inévitable avec une certaine sérénité, j’avais au moins pu obtenir une mort violente mais d’une douceur ahurissante.
Cependant la surprise passa rapidement et il ne me fallut que quelques secondes pour me rendre compte que tout allait bien dans le meilleur des mondes en ce qui concernait ma santé physique. Une présence proche me ramena à la réalité, une présence remplie du désire de la chasse et elle avait trouvé sa proie. Je ne doutais pas une seconde que c’était moi qu’elle substituait à sa notion de proie. Je saisis le fusil d’assaut qui était resté par je ne sais quel miracle au bout des lanières qui le retenaient. Je localisais la présence et ouvrais le feu dans sa direction. Je n’aurais pas raté mon tir normalement, je n’utilisais déjà pas mes yeux à l’époque et j’avais toujours touché ma cible, comme si mon bras s’alignaient automatiquement dans la direction vers laquelle se focalisait mon esprit. Je ne sais comment, mais la créature évita la rafale de projectiles et se projeta dans ma direction. Je roulais sur le côté afin d’esquiver, mais je ne fis que déchirer le support sur lequel je me trouvais et recommençais ma chute. Quoi qu’il en soit ça me permit d’éviter l’attaque et ce même si la réception fut douloureuse une dizaine de mètre plus bas.
Je me relevais péniblement et, sur les indications de Nexus, me dirigeais vers le tunnel le plus proche dans l’espoir de semer mon poursuivant quoi que ça puisse être. C’était inutile, la créature était rapide et n’avait aucun problème à se diriger dans le noir complet. Même avec l’aide de la combinaison et de Nexus il m’était impossible de la distancer. Je me retournais donc et envoyais une nouvelle rafale vers la créature qui eut autant d’effet que la dernière et je dégainais donc une dague et une épée, espérant me défendre au corps à corps. Le métal rencontra le métal, mais la présence frappait avec une rapidité qui m’empêchait de riposter et encore moins de parer ses coups. Elle finit par m’envoyer bouler au sol. J’attendis un coup de grâce qui ne vînt jamais. Elle se contenta de me palper entièrement et satisfaite se retira à un mètre de distance, me laissant m’asseoir et contempler son âme à loisir. La présence était satisfaite. Satisfaite de la dureté de mon exosquelette et de la rapidité de mes mouvement malgré mon handicape. Par contre je ne doutais pas un instant qu’il s’agissait d’un esprit extrêmement aiguisé et intelligent, primitif certes, mais dangereusement intelligent. Lorsque je vis l’image qu’elle avait de moi je ne pu m’empêcher de faire entendre dans tout le souterrain mon rire cristallin. Ca ne dura pas malheureusement et je rassemblais donc tranquillement mes esprits sous la surveillance bienveillante de celle qui maintenant semblait de mon côté.
-Sinclair ?
-Oui, Nexus ?
-C’est une danse-lame…
-Sérieusement Nexus, tu en as trouvé de bien meilleures par le passé.
Seul le silence répondit à ma tentative d’humour noir. La supposition était plus que plausible et j’avais moi-même beaucoup de mal à écarter l’hypothèse. D’autant plus que Nexus avait accès à tous les senseurs de mon armure, c’était elle qui voyait pour moi par conséquent. Pas de doute, une des grandes araignées de la forêt de Séléné s’était donc plus ou moins entiché de moi. Par contre si le mystère concernant le visage de la créature s’était éclaircit, je n’arrivais pas à comprendre son intérêt pour moi.
-Pourquoi est-elle tant intéressée par moi alors ?
-Je n’en sais trop rien, mais elle est d’une conversation rafraîchissante. Quelque chose lui permet de communiquer directement avec les navigateurs.
-Tu veux dire qu’elle a des éclats de cristaux implantés en elle ?
-Je pensais que le fait que c’était une danse-lame te surprendrait plus.
-Non, c’est son comportement qui m’intrigue.
-Qui sait ce à quoi les cristaux lui auront donné accès. Elle se retrouve avec la mémoire de l’arbre monde de Terra après tout et inextricablement liée à l’existence même de chacun d’entre nous.
-C’est donc une navigatrice ?
-Non, tout comme je possède une fonction supérieur de part la nature de mon lien avec le réseau, elle semble disposer d’une totale liberté.
-Je m’y perds, mais ce n’est vraiment pas ma priorité. Comme elle ne semble pas en vouloir au nombre de jour qu’il me reste, pourrais-tu continuer de me guider en direction du palais.
-Il en sera fait ainsi chasseresse…
C’était une situation étrange, mais je n’avais pas le choix, si la danse-lame voulait me suivre je ne pouvais l’en empêcher, je n’en avais même pas les capacités. Je me laissais donc guider par la voix de Nexus et je savais pouvoir lui faire confiance, elle allait m’amener jusqu’au palais sur l’itinéraire le plus sûr. Après les premières heures je commençais à percevoir avec de plus en plus mon environnement à l’aide de mes autres sens et mon don que je considérais comme un bruit de fond était devenu omniprésent. Ce fut d’abord l’aura de la danse-lame qui éclaira mon obscurité, puis je commençais à percevoir les innombrables racines des arbres qui poussaient autrefois dans toute la citée, entourant les tunnels des souterrains de leurs bras accueillants. Tout se mis à luire en moi, à m’apporter de la lumière et de l’espoir. Je pouvais tant faire ! Y puiser des forces ou en donner, y puiser un soutient indispensable à mon âme meurtrie, c’était une deuxième naissance, mais j’avais du payer un lourd tribut pour ouvrir les paupières de mon âme. Ma chasse était terminée et je ne doutais plus une seconde que mon destin n’était plus entre mes mains. En attendant l’araignée me suivait toujours et observait avec une attention plus que palpable ma progression de plus en plus certaine au sein du souterrain. Après une journée dans la nuit la plus complète, je percevais enfin la quasi-totalité de mon environnement par ce qui était vivant aux alentours. C’était suffisant pour suivre le contour d’un conduit entouré de racines, mais je ne pouvais plus prétendre au combat ou à la chasse dans cet état. Je m’amusais donc à épier les pensées de la danse-lame pour faire passer le temps lors des pauses que je m’accordais de plus en plus souvent alors que la journée s'écoulait.
Au fil du temps j’arrivais à décoder un large éventail de ressentis qui me donnèrent accès à son langage plus que riche considérant son origine. C’étaient les cristaux qui étaient implantés en elle qui lui avaient donné la compréhension qu’elle avait de notre univers, même si elle se devait d’y apposer ses propres critères comparatifs. Mon armure et mes lames devenaient un exosquelette et des lamelles défensives dans son esprit. Mon handicape m’apparut enfin à jour. Ce n’était pas le fait d’être aveugle, c’était les deux paires de pattes qu’il me manquait. Vînt enfin un temps où le sommeil se fit de plus en plus présent jusqu’à monopoliser la moindre de mes pensées, je me couchais donc à même le sol et m’endormis quasi instantanément après avoir vérifié la présence de ma nouvelle amie et la veille de Nexus.
Une journée de plus en compagnie de l’araignée finirent par me permettre de lui transmettre à mon tour des impressions cohérentes. Ce n’était guère évident, surtout quand on avait été entraîné durant des années à effectuer plusieurs tâches à la fois dans le but de satisfaire parfois deux objectifs distincts simultanément. Je finis par être plus ou moins comprise de la créature qui répondit très promptement à ma question. C’était la fille du père de l’arbre monde qui lui avait demandé de s’occuper de moi. Pour ce que cela voulait dire, j’aurais probablement du m’abstenir de cette demande et de me concentrer sur autre chose. En attendant, nous avions parcourut plus de terrain que Nexus l’avait prévu et nous étions presque en vue du palais à la fin de la journée. Nexus m’affirma que nous pouvions atteindre le palais le lendemain si tout se passait pour le mieux. Je n'en doutais pas une seconde et me laissait porter par des rêves qui m'auraient propulsés dans un océan de folie quelques jours plus tôt. Je me réveillais en pleine forme et suivais les indications de Nexus jusqu'à ce qu'elle m'indique que nous nous trouvions à la verticale du puis qui me permettrait de rejoindre la surface non loin de la barrière externe du palais.
Je m'attelais donc à l'ascension qui ne prit que quelques minutes. Enfin ma main cogna contre la trappe dissimulée et mes doigts trouvèrent facilement par la force de l'habitude le panneau de contrôle et composèrent la combinaison qui commanda l'ouverture du conduit. La Danse-Lame sortit en première, impatiente de retrouver l'air libre et ses senteurs de proie et de chasse. Je la suivit non moins rapidement avec pour seul espoir de pouvoir rejoindre l'enceinte du palais avant de me faire abattre. Une fois dehors je laissais la trappe se refermer et me redressais sans faire le moindre pas en direction de l'enceinte fortifiée. Je sentis l'interrogation de Nexus au travers du cristal de mon exo et n'eus pas besoin de répondre à sa question silencieuse, le réseau satellite lui avait montré la raison de mon immobilité. Elle n'aurait pu deviner qu'un groupe de soldat ennemi attendait à cette position sous le couvert de filets de camouflage. Pour ma part l'odeur que ses soldats portaient sur eux m'était connue et je ne doutait pas une seconde de ce qui allait arriver. En plein jour, je voyais le moindre détails de mon environnement et je ne réagissais toujours pas, cherchant un moyen de juguler le pouvoir hypnotique que cette vision avait sur moi. Je sentais la vie qui se déversait du ciel et entendait le chant enchantés du moindre être vivant qui s'abreuvait à cette source miraculeuse.
Lorsque je pu enfin limiter mes perceptions et avoir un minimum de contrôle sur mon don je me concentrais sur les hommes qui s'approchaient et une odeur me rappela vivement un souvenir vieux de quelques jours seulement.
-Je ne pensais pas vous revoir en vie, mon petit cadeau aura donc persuadé votre maître de vous épargner et vous fûtes soulagé quelques instants avant qu'il ne vous ordonne de me retrouver et de m'amener à lui n'est-ce pas?
-Je n'ai eu qu'à attendre ici pour le contenter. Il m'a privé de la gloire des combats perdus d'avance pour la garde d'une trappe dont je doutait de l'ouverture dans un future proche. Je vous demanderais donc de vous rendre gentiment avant que le drow n'arrive ici.
-Je n'oppose pas la moindre résistance voyez-vous. Ainsi je l'attendrais à cet endroit précis si vous le permettez.
-Avec grand plaisir, je vous demanderais simplement d'éviter de blesser inutilement les gens qui se trouvent ici par mon choix.
Il se retourna et fit signe à ses hommes de repartir vers leur couvert. Ils s'installèrent confortablement mais à chaque instant leurs armes étaient pointées sur ma poitrine comme une invitation à essayer de fuir. Ils étaient plus de trente et je savais que j'aurais eu une chance de m'échapper quelques jours plus tôt. A présent, même si la possibilité restait je ne maîtrisais pas assez et doutais trop de mon don pour tenter de m'échapper. Cinq minutes plus tard je sus que ma décision était la bonne, le drow et ses séides étaient arrivés dans mon dos. Si les humains représentaient peu de menace face à mon armure le peloton de drows pouvait rivaliser sans grande peine. Je leur fit donc face et m'inclinais légèrement pour les saluer.
L'un d'entre eux se jeta dans ma direction sans avertissement et j'eus la surprise de distinguer très clairement la moindre de ses intentions. D'un geste j'interposais ma lame à la trajectoire de la sienne. Les métaux s'entrechoquèrent dans une gerbe d'étincelles et je souris, la chasse n'était pas tout à fait terminée. |
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Katherine Talkesh Concierge

Inscrit le: 26 Avr 2004 Messages: 1935 Localisation: Prima / Feldyn, Ivée, Aön  |
Posté le: Jeu 18 Nov 2010, 17:20 Sujet du message: |
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Aurore IX
Le drow enchaîna les attaques et toutes m'apparurent tellement clairement qu'il fut presque trop facile de détourner son dernier coup pour le forcer à tenter une attaque de flanc et ainsi d'un pas pouvoir laisser le champ libre à la danse-lame qui venait de sauter. Lorsque les membres de l'araignée s'enfoncèrent dans le corps de l'elfe noir et que ses crochets se plantèrent dans sa gorge, injectant le venin qui ne fit qu'achever le travail immédiatement, je ressentis chaque frisson de satisfaction que l'arachnide ressentis et je partageais l'intense contentement que cette mise à mort lui procurait, me préparant déjà à affronter les quatre adversaires restants. Cependant, d'un geste leur meneur retint ses hommes et abaissa légèrement son arme, une attitude qui en disait long sur ses intentions, même si je ne doutais pas une seconde que l'elfe serait capable d'attaquer en moins de temps qu'il ne me faudrait pour prononcer les syllabes caractéristiques de la situation.
Toujours était-il qu'il voulait parlementer et je devinais aisément la raison de sa suffisance. Il pouvait plus que se permettre de dénigrer ma soit disant résistance, sa domination numérique était plus qu'évidente et des renforts devaient déjà être en route. Toute capacité qui soit en ma possession, je ne pourrais peut être même pas emporter plus d'un adversaire dans ma tombe, un chiffre ridiculement faible et hors de ce que j'étais à même d'accepter. Le meneur exigea que je retire mon armure et que je me rende afin que son maître puisse m'interroger. Vu que le filet s'était refermé, la seule issue devait se trouver dans une maille qui serait plus faible que les autres et pour la découvrir il me fallait rester aussi valide et alerte que possible. Refuser et risquer la confrontation était un choix tentant, mais peu rentable sur la durée. Je me dirigeais donc vers l'ombre à l'abri de laquelle attendaient les soldats des drows et activais l'autodestruction de mon armure et de mon arme. Nexus me donna encore un maximum d'informations et me dit que la danse-lame ne sera jamais trop loin et que l'arachnide servirait de relais alors que l'armure et l'arme se désagrégeaient en une poussière ocre emportée par le vent.
Je fus bientôt uniquement habillée de la combinaison standard de protection de l'EC et entourée d'un multitude de dagues, de coutelas et d'épées drows. Je rassemblais le tout et le posais sur une caisse proche avant de m'asseoir sur la suivante. L'humain s'approcha et me donna un gourde pendant que le meneur organisait ses hommes afin de m'encercler et de me tenir à l'oeil. Je pus lire aisément la déception qui s'insinuait dans leurs êtres. Il devait y avoir plusieurs causes à ce désappointement, mais ils étaient tous persuadés que l'impératrice était la chasseresse et n'avaient pas encore changé d'avis. Leurs rêves de gloire et donc de poids politique s'étaient envolés. A la place, ils n'avaient attrapé qu'une aveugle qui ne pouvait logiquement plus se battre correctement...
Lorsque leur maître arriva, j'eus le bon plaisir de le voir fanfaronner en arrivant et fulminer la seconde d'après. Il se calma en planta une dague empoisonnée dans l'un de ses sous-fifres. Je le sus au moment même où son aura exécuta un mouvement sec et que l'âme d'un de ses gardes disparut soudainement. Il envoya ensuite son garde du corps personnel me chercher et m'amener jusqu'à lui. Cet ordre le soulagea, il adorait rabaisser celui qui lui servait de bouclier. Je n'en voyais pas vraiment la raison, mais il devait certainement y avoir une histoire de rivalité entre maisons nobles.
-Vous n'êtes pas la proie à laquelle nous nous attendions et voilà qui nous prouve juste qu'elle est aussi fourbe que sa réputation le prétend. Envoyer un leurre serait digne de n'importe quel chef de bataille, mais envoyer un soldat aveugle c'est côtoyer le génie! Vous a-t-elle donné un message précis à délivrer?
-Je ne saurais dire s'il me faut vraiment vous le révéler, mais j'ai quelque chose à vous confier.Lançais-je sur le ton de la conversation détendue alors que je lui tendais le sac que je portais encore en bandoulière. Il y trouvera les quelques trophées que j'avais amassé durant ma première partie de chasse et je m'amusais d'avance ne serait-ce qu'en gardant un ton et une expression neutre.
Son garde du corps me pris le sac des mains et en contrôla le contenu avant de le tendre vers son maître sans le moindre avertissement quant au contenu. Je n'en avais cure et c'était bien mieux ainsi. Je voulais absolument voir la réaction à froid de cet être méprisable.
-Que pourrait bien nous confier une impératrice de si important qu'elle nous envois une messagère aveugle?
Son ton méprisant était plus perceptible que le dédain qu'il avait en tête. S'en fut presque étonnant, car en toute logique il aurait du vouloir la détester plus qu'il ne pourrait l'exprimer alors que c'était présentement tout le contraire, il arrivait sans peine à exprimer toute la grandeur de son mépris. Lorsqu'il s'arrêta de parler une fois en vue du contenu du sac je ne pu résister à l'envie simple de le moucher sur son verbe fielleux:
-Elle a du probablement se dire que vous auriez besoin d'aide pour compter vos disparus...
-Silence, humaine! Toi, fais la taire, nous rentrons au campement.
Un phrasé léger qui ne sous-entendait pas moins une torture particulièrement imaginative et cruelle qui allait durer jusqu'au moment où enfin ils auraient extirpé les informations qu'il recherchaient. Le problème était basiquement que leur postulat initial était erroné. Je n'avais donc aucune chance de leur donner les réponses qu'ils attendaient et je ne doutais pas une seconde que si cette situation pouvait très probablement rallonger mon espérance de vie sous la torture, la conclusion finale n'allait très probablement pas être à mon goût. Le garde n'eut pas besoin de me bâillonner ou quoi que ce soit, j'allais rester silencieuse jusqu'à ce que la douleur me ferais hurler. Son aura eut un mouvement d'approbation alors qu'il me tenais par le bras et guidait une humaine aveugle dans les rues et les décombres, enfin, aveugle, c'était relatif.
Quoi qu'il en était, être à l'extérieur était particulièrement éprouvant. Je pouvais ressentir les auras à plus d'un kilomètre à la ronde et à chaque fois que je me concentrais sur l'une d'entre elles, je me perdais dans la contemplation de sa proximité et j'occultais tout le reste sans le vouloir. Je me retrouvais donc à tituber souvent, rendant plus que crédible mon état de non-voyante. Dans les tunnel, ce problème ne s'était même pas posé, un rideau de créatures vivantes entourant littéralement les parois en plasto-béton. Le reste de ce qui m'aurait été perceptible m'était donc caché et j'avais pu atteindre ma destination sans trop de problèmes. Il me fallait en permanence maintenir un intérêt général sur tout ce qui m'entourait si je voulais me déplacer, alors qu'auparavant je pouvais sans autre me concentrer sur une aura tout en gardant une attention générale au niveau de ma vision. Maintenant, aveugle et ne me reposant plus que sur cette capacité, je me retrouvais vraiment aveugle à chaque fois que mon attention me portait sur quelques chose de trop éloigné pour que je reste dans le cercle beaucoup plus réduit de mes perceptions.
Étourdie par ces nouvelles révélations, je ne remarquais pas que nous étions arrivées au campement des drows et qu'ils m'avaient laissée seule dans une salle aux dimensions ridicules. Je profitais donc de cette solitude bienvenue pour me ressaisir et étudier avec toute mon attention le campement et ce qui se passait en son sein. J'avais une bonne idée de la disposition générale des bâtiments occupés qui avaient été construit directement sur place, grâce à des structures préfabriquées probablement larguées depuis l'orbite. Il n'était pas rare que des auras disparaissent tout simplement alors qu'une autre flamboyait dans l'entourage immédiat. Si j'avais encore des doutes concernant la facilité d'apprentissage et l'adaptabilité des humains, je les perdus lors de mon séjour dans ce camp. Que se soient les soldats-esclaves ou les esclaves avaient parfaitement assimilé les traditions de la culture des drows. Ils seraient toujours méprisés et rabaissés par les elfes noirs cela dit. Je ne doutais pas une seconde de ce qui allait suivre et si j'aurais du être inquiète, le fait que j'ai encore beaucoup de mensonges à leur dire me permettait de me focaliser sur quelque chose. Je devais résister et ne pas dénoncer l'impératrice, c'était amusant, mais j'allais devoir résister à la torture pour jouer correctement le rôle qu'ils pensaient que je jouais.
Ils me laissèrent mijoter tranquillement dans ma cellule qui ne m'autorisait qu'une position inconfortable avant de m'emmener dans une salle où je fus attachée au mur. J'étais bien au centre de la pièce, en tout cas dans le sens de la largeur. Il ne me fallut que peu de temps pour me rendre compte que ma nouvelle demeure avait une atmosphère sèche à l'extrême et qu'un système devait permettre à la lumière du soleil de frapper directement à ma porte. Le noble qui m'avait capturé vint quelques heures plus tard se renseigner sur mon état:
-J'espère que vous apprécierez notre hospitalité, ce n'est pas tous les jours que nous recevons une invitée de marque. Toujours est-il que je doute pas une seconde que vous saurez résister à la plupart des sévices physiques que nous pourrions vous infliger et le fait que vous n'y voyiez rien ne nous aidera certainement pas dans notre entreprise. En fait votre obstination à voire votre impératrice comme une demi déité nous a obligé à un peu de créativité. En résumé, vous allez nous dire tout ce que nous voulons savoir et pour tout dire vous ne paierez pas directement le prix des fausses pistes si vous voyez ce que je veux dire.
-Vous me voyez désolé de devoir répondre par la négative...
-Faites donc, vous changerez rapidement d'avis.
Il fit un signe et on fit entrer un petit garçon dans la pièce, un fils de soldats, un fils d'esclave, un ancien citoyen. Je n'en savais rien et ils pouvaient aller se faire foutre, je voyais très bien où ils voulaient en venir. J'espérais juste que le gamin allait avoir une fin rapide et aussi peu douloureuse que possible.
-Ce jeune homme à été capturé rôdant près de notre camp, si ce n'est pas une honte de laisser des enfant faire le travail des adultes... Mais c'est tout au moins à l'honneur de votre impératrice. Toujours est-il qu'il sera parfait pour notre petite expérience. Après tout, vous me donnez l'opportunité de beaucoup d'amusement ma chère, n'en doutez pas une seconde.
Ses hommes maintinrent l'enfant d'à peine dix ans sur une sorte de piédestal alors qu'il le charcutait joyeusement. Si j'avais encore pu douter de mon don, les hurlement du garçon ne faisaient que confirmer ce que je voyais. L'aura de l'enfant se tordait dans tous les sens, essayant d'échapper à la douleur et au couteau du bourreau. Je fus heureuse de ne pas pouvoir voir ce qu'était devenu son corps après deux heures de tortures diverses et variées. Sentant que sa fin était imminente je prononçais mes premiers mots:
-Maudits-les jeune-homme! L'impératrice se...
Je du me taire alors que le poing d'un drow me fit obligeamment respecter la volonté de son maître. J'avais vu le geste du maître et sentit le déplacement rapide du drow chargé de me faire taire, mais je du me retenir d'esquiver le coup afin que tous croient à mon handicape. C'était la condition qui dicterait si oui ou non j'avais une chance de m'en tirer en vie. L'âme du gamin se détendit et il murmura quelque chose que son bourreau ne saisit pas à temps. Le gosse était mort avant même que le coutelas du nobliau ne déchire ses entrailles et n'atteigne son coeur. Moi, j'allais devoir continuer d'assister à ça et résister à ce qui allait être une torture demandant beaucoup de patience tant pour eux que pour moi. Je commençais déjà à ressentir la soif qui dévorait ma gorge asséchée. Rien que prononcer ces quelques mots m'avais déjà donné l'impression de m'arracher la gorge. |
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